mardi 28 juin 2011

Jour 11 : Impossible de reculer

Je crois que futur époux et moi, on est un peu las des préparatifs de mariage. Notre vie tourne pas mal autour de ça depuis un bon petit bout, et il est temps que l’évènement se produise et qu’on passe à autre chose. Qu’on arrête de se demander si ça sera trop comme ceci, ou pas assez comme cela… Qu’on porte notre mariage du côté des souvenirs, avec l’album photo, le bouquet de roses séchées et autres parcelles de cette belle journée. Qu’on en ressorte avec la force de l’engagement pris dans un moment qu’on souhaite riche de sens et empli d’amour. Que le côté logistique de la noce fasse place aux discussions entre convives et à l’esprit festif. Que nos invités nous en reparlent à travers le temps en disant : « En tous cas, on a eu du plaisir à votre mariage! Le décor était splendide, le vin était bon, on a passé une belle journée…»
C’est tout ce que je souhaite. Passer une belle journée!
Et revenir dans le temps présent.

***
Ce matin, futur époux me dit :
-J’ai rêvé au mariage. Il y avait de la musique et tous nos amis étaient là. C’était un party, mais c’était plaaaaate!
Son soupir de découragement en disait long.
Je sens bien que mon homme n’est pas tout à fait satisfait de la tournure de l’évènement.
Il aurait voulu faire ça chez nous. Habillés moins chics. Moi, en robe blanche « remettable » achetée dans une boutique normale. Lui, portant son veston noir qui lui va si bien. On aurait eu les moyens d’offrir l’alcool et la bouffe à nos invités.  Ils auraient pu planter leur tente dans notre cour. On aurait chanté autour du feu… On se serait mariés au milieu de tout ça, dans la simplicité.
Je le comprends et je peux facilement me mettre à regretter nos choix moi aussi (les miens, devrais-je dire).
Peut-être qu’à 11 jours du mariage, c’est normal de passer dans ce genre de phase… Je m’encourage en me disant que :
1)     La fébrilité devrait nous frapper comme la foudre, à quatre jours du mariage.
2)      Au moins, on ne remet pas en question le choix de s’engager l’un envers l’autre, pour la vie. C’est quand même ça le plus important!

***
Pour ce qui est du rêve de mon futur époux de se marier chez nous, je lui ressers toujours le même discours lorsqu’il en parle :
-Tout d’abord, en cas de pluie, la maison n’est pas assez grande pour loger tout ce monde.  Il me répond toujours : ben non, on aurait loué un chapiteau… Me semble, ouais. Dans la flotte, sous le chapiteau. Pas mon fort!
-Ensuite, le projet de refaire le patio est toujours à l’état de projet, justement. Le patio a été démoli, laissant à la place un immense carré de sable dans lequel on circule depuis le printemps. Il y a du sable partout dans la maison. Pas chic du tout pour un mariage, même en robe normale.
-Surtout, qui pensez-vous aurait fait le ménage, le matin du mariage? Qui aurait fait les lits des quatre enfants, changé les draps pour la visite, récuré les toilettes? Ha, non, pas que moi. Futur époux aussi, car on partage très bien les tâches. Mais même en équipe, ça ne me tentait pas pantoute de frotter, le matin de mes noces!
-Qui aurait ramassé la vaisselle? On aurait mangé dans de la vaisselle en plastique. Qui aurait ramassé les déchets? Ma grand-mère, voyons! (Je dis ça à la blague, mais je la connais, elle n’aurait pas résisté…)
-Pour ajouter du piquant, nos filles auraient fait comme elles font toujours, tenter de prendre la poudre d’escampettes pour aller rejoindre leurs petites amies du voisinage. Je me vois, sacrant, traversant le boisé avec ma robe, le voile pris dans les branches, pour aller récupérer mes petites sorcières chez les voisins (vous voyez, évidemment que ça aurait été une robe normale! et pour ce qui est du voile, je n'en porterai pas de toute façon, c'est juste pour vous faire rire...)
-À la fin de la soirée, je peux déjà imaginer que l’attraction du studio de musique de mon mari aurait fait son œuvre, comme à chaque party. On aurait fini ça entassés dans le  sous-sol…
À faire rêver!
Je pense que l’enthousiasme que j’espérais vient de me frapper!

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