mardi 26 juillet 2011

Épilogue

Après des mois à remettre ça, bien trop occupés à préparer l’évènement de notre vie, on est enfin allés acheter les matériaux pour construire notre patio. En un rien de temps, le bois était livré et mon époux commençait à monter la structure. D’ici la fin de la semaine, on devrait pouvoir profiter de l’été sur la terrasse! Enfin! Avant le mariage, on n'y pensait même pas!

On passe notre dernière semaine de vacances à la maison, en famille. J’ai le plaisir de partager le quotidien avec mon mari, nos quatre enfants et ma nièce de 9 ans, qu’on a invitée à se joindre à nous. Aujourd’hui, il a plu toute la journée et je ne me suis pas fait prier pour me parer de ma robe blanche et jouer à la princesse avec les petites! On a lu des histoires en emplissant le divan de nos crinolines... Le bonheur! On a ensuite profité du mauvais temps pour préparer pour chaque enfant un album de photos qu’il pourra garder en souvenir du mariage. Les grands repartent à la fin de la semaine et ça leur fera quelque chose à chérir suite à leur séjour parmi nous.

Il ne sera pas facile de se retrouver dans le quotidien, avec le travail, les enfants et la routine, après avoir vécu pendant des semaines toute cette frénésie. J’en aurai surement la nostalgie. Je regarde mes photos sans presque y croire : tout ça semble si loin, déjà. 

Les cent jours sont achevés depuis un moment et je me résigne à conclure ce blogue. Merci à ceux et celles qui m’ont suivie dans cette aventure. J'ai rêvé d'écrire pendant des années et lorsque je me suis lancée, vous m’avez fait l’honneur d’être mes premiers lecteurs. Merci!

Je souhaite maintenant me faire publier et je fais des blagues en disant que je vais mettre ma robe de mariée lorsque je serai invitée à promouvoir mon livre à Tout le monde en parle!

Je viendrai vous raconter ça...




FIN

Achevé d'écrire le 31 juillet 2011

vendredi 22 juillet 2011

En lune de miel avec quatre enfants

Le jeudi 14 juillet 2011
Les deux petites sont couchées, tombées mortes de fatigue une fois leur assiette de pâtes engloutie. J’ai passé la journée à les regarder jouer, assise sous l’auvent, un verre de vin à la main. La journée à regarder le lac ondoyer, refusant même d’ouvrir un livre. Trop forçant! La journée à égrener le temps. J’ai préparé un souper pas compliqué en finissant la bouteille. Et voilà, donc, que les petites sont couchées. Les grands voient leur soirée à eux commencer. Le moment où on peut faire des activités de grands sans se faire déranger.
-On joue à Scatergories?
La grande sœur n’est évidemment pas d’accord avec son frère.
-J’ai choisi un film! Qui veut écouter un film?
Je suis un peu lasse, soudain. Je regarde mon époux, dont les yeux ont bleui au soleil aujourd’hui.
-Moi, les enfants, j’aimerais passer la soirée à l’étage, avec votre père. C’est notre voyage de noces, après tout!
Ils sont assez grands pour comprendre, alors ils grimacent et roulent des yeux pour montrer leur dégout. On décide d’acheter la paix en leur servant un gros bol de chips, des biscuits et une boisson gazeuse chacun. Sauf les jours de fête, ils n’ont jamais droit à tout ça et comprennent qu’ils devront nous laisser tranquilles. Ils s’entendent sur donc sur un film et s’installent au salon.
Nous, on monte le système de son à l’étage, où il n’y a qu’une seule immense chambre, la nôtre, qui couvre la surface entière de la maison.   L’endroit est joli, avec ses toits en pente. On passe une soirée romantique, juste tous les deux, en écoutant du Pink Floyd comme des adolescents… Mmm...
Je peux dire, étrangement, que ce voyage de noces en est vraiment un. Mon amoureux et moi n’avons jamais passé une semaine aussi relax en compagnie des quatre enfants. Même si l’espace est restreint et le temps pas toujours clément, même si on est entourés de quatre pestes qui se chicanent, se laissent trainer et demandent de l’attention, on se sent en lune de miel.
La vie est belle!

jeudi 21 juillet 2011

Chronologie des évènements, cinquième partie

Le samedi 9 juillet 2011
Le souper est excellent. Je suis la première à vouloir prendre la parole, alors je fais tinter ma cuillère sur ma coupe, pour attirer l’attention. J’en profite pour embrasser longuement mon mari, à la demande générale. À ma grande surprise, c’est lui qui s’adresse à nos invités. Lui, si discret, nous raconte une partie de sa vie et ce qui l’a mené jusqu’à moi. C’est touchant, mais le discours est très, très long et je fais rire tout le monde en me permettant de m’asseoir au bout de plusieurs minutes « parce que mon saumon va être froid! »
Dès que mon amoureux a terminé, mon père se lève. Quand on a beaucoup regardé de comédies romantiques, on ne peut résister à se faire des scénarios. Parmi ceux-ci, le discours du père de la mariée. Mon père est un orateur, un homme coloré, alors j’ai bien hâte d’entendre ce qu’il va dire. J’ai hâte de voir quelle anecdote sur sa grande fille il va bien pouvoir partager. Les détails qu’il va exagérer pour faire rire l’assistance…
 Au lieu de ça, mon père dit quelques mots sur les mariés, puis sort de sa poche un petit carnet.

-Dans mon village, où je suis maire, on a un festival et on se finance avec cette tombola. C’est dix dollars le billet, et vous pouvez gagner une toile de mon épouse, artiste internationale!
Je réalise que les politiciens n'ont pas le temps de regarder de comédies romantiques!
Tout le monde sort son argent et le souper poursuit son cours, vite succédé par  la soirée. Elle débute avec la prestation de la grande fille de mon amoureux, qui s'est changée trois fois de robe pour calmer ses nerfs avant sa prestation. À onze ans, elle chante superbement, en duo avec son père, et tous sont sous le charme. Plusieurs autres ont aussi préparé des numéros de chant. On s’amuse, on danse au son des Funk Frenz, la soirée passe vite. En un rien de temps, les gens commencent à partir.
DÉJÀ?!?
On se retrouve bientôt autour du bar, à boire la dernière bière. Le serveur part. Il ne reste que les gens qui dorment à l’auberge avec nous, nos deux meilleurs couples d’amis.
On finit de jaser avec eux sur le plancher de notre chambre de nouveaux mariés. (Est-ce que je vous avais dit qu’on est du monde accueillant?) J’embarque dans le bain sur pattes, où je relaxe dans ma grosse robe. Nos amis ressortent leurs caméras pour voler ces moment précieux. On rigole. On veille tard…
Quand tout le monde part se coucher, il nous reste, à mon amoureux et à moi, un peu d’énergie pour finir de célébrer notre union… passionnément. Contrairement à tout ce qu’on m’a dit, on n’est pas trop fatigués!
On s’endort enlacés comme au premier jour, il y a déjà plus de sept ans…

mardi 19 juillet 2011

Chronologie des évènements, quatrième partie

Le samedi 9 juillet 2011
-Vive les mariés!
Embrassades, félicitations, champagne! Je fais le tour des convives avec un immense plaisir! Je suis si heureuse de tous les voir!
Mon grand-père, en me félicitant, plonge son regard dans mes yeux :
-On aimerait ça, un garçon!
Comme on dit en québécois, on a fermé la shop après la petite dernière… Ce n’est donc pas sur les nouveaux mariés qu’il faudra compter pour leur donner un arrière-petit-fils. Je lui fais signe que non et il me brise presque le cœur en rajoutant, visiblement déçu :
-Au moins, je te l’aurai demandé!
Pauvre grand-papa!
Les femmes veulent voir ma bague et commentent ma tenue. Après tant de doutes, je suis bien contente de mon look de mariée et je prends tous les compliments avec plaisir. Elles sont toutes belles et je les complimente aussi, en prenant grand plaisir à découvrir leurs robes et accessoires. Ma mère, tout particulièrement, est ravissante dans sa robe verte.
Dans mon esprit, le conte de fées ne fait que commencer. J'ai fait le tour de tout le monde, l'esprit est à la fête et je m'attarde à parler avec deux de mes amies. Le serveur arrive et leur donne leur premier verre de champagne, tout en emplissant le mien, qui est déjà à moitié. L'espace d'un instant, je vois un énorme parasol foncer sur moi, projeté par le vent. Mon interlocutrice, elle, ne voit pas venir le coup. La seconde d'après, elle est au sol, immobile. Ma nièce hurle, elle a été frappée aussi. Un silence de mort et une panique se sont répandus dans l’assistance. Le moment est surréel. Je suis mariée depuis moins de dix minutes. Ça sera donc ça, mon mariage?
Ma robe est pleine de gouttes de champagne, de la coupe de mon amie qui git au sol. Au bout d’une minute, elle donne signe de vie. La glace tarde à venir, les serveurs ont entendu la petite crier et n’ont pas réalisé qu’il y a deux victimes.
Le maitre d’hôtel s’empresse de me dire :
-C’est votre mari qui a mis ce parasol à cet endroit. Je lui avais dit que ça n’était pas sécuritaire!
Je vois bien qu’il essaie de se décharger de toute responsabilité. Franchement!
Je suis inquiète pour mes deux estropiées, mais égoïstement reconnaissante qu’elles aient pris le coup pour moi. Je suis encore fragile d’un coup reçu à la tête l’an dernier et ça aurait certainement mis fin à ma journée, si ça avait été moi. Je me sens étrangement coupable.
La fête reprend peu à peu son cours. Les blessées se disent correctes. La journée est magnifique, la bonne humeur revient tranquillement. Tout à coup, un enfant tombe dans le petit bassin d’eau qui longe la terrasse. C’est le fils de mon amie. Ouf, son père l’a vu. Mes filles aussi. Elles se tiendront loin du bassin et ça me rassure un peu!
Moins d’une heure plus tard, alors qu’on est en train de faire des photos romantiques, on entend des « oh! » et des « ah! » affolés,  et on voit qu’un groupe se masse autour du bassin d’eau. Mon cœur s’arrête. J’imagine une de mes filles au fond, inerte. De loin, je vois des amis sortir de l’eau le conjoint de ma mère. Il a perdu pied sur la dangereuse passerelle.
Ma mère pleure, bouleversée. Ils partent à leur hôtel pour qu’il puisse se changer. Ma plus jeune est très impressionnée et répète sans cesse :
-Papy, tombé l’eau!
On les attend pour débuter le souper. J’espère que personne ne va s’étouffer!

lundi 18 juillet 2011

Chronologie des évènements, troisième partie

Le samedi 9 juillet 2011

Au son de la cornemuse, je m’engage dans le grand escalier de bois, précédée de mes trois bouquetières.
J’aperçois d’abord mon père, qui m’attend tout en bas, tel que prévu. Il semble avoir du mal à contenir ses émotions. Moi aussi! Je regarde ensuite dans le parterre. Je suis surprise que tant de chaises soient vides. Il manque tant de monde? Je réalise que la plupart sont debout, à prendre des photos.
J’ai déjà mon père par la main quand je pense enfin à regarder mon amoureux. (Oups!) Il est ému lui aussi. Il est magnifique. Je vis enfin mon rêve. Je n’ai pas de feu sauvage.  Il fait beau. Tout le monde est là… Et je me sens plus amoureuse que jamais.
Mon père m’emmène par la main jusqu’à mon futur époux.
-Je te donne la main de ma fille. Prends-en bien soin.
Tout le monde pleure… Tout est parfait!!!
-Futur époux, acceptez-vous de prendre Dulcinée, ici présente, pour épouse?
Mon amoureux regarde la célébrante avec un air d’hésitation. Anglophone, il ne sait pas trop ce qu’il doit répondre dans la version française d’un mariage et n’a pas porté attention à ce genre de détail lors de la préparation de la cérémonie.
 Il risque un :
-… Oui?
Je l’aide un peu et lui chuchote :
-Oui, je le veux.
Tout le monde éclate de rire, alors qu’il se reprend :
-Oui. Je le veux!
Fiou!
On poursuit avec tout ce qui a été prévu : la lecture du texte « Je connais des bateaux », par ma nièce de 9 ans et ma meilleure amie, suivi d’un touchant échange de vœux. Nous avons décidé de rompre avec la tradition qui veut qu’on répète après l’officiant les «Je promets de te chérir… ». Nous avons plutôt préparé nos propres vœux. Mais sous le charme du moment, nous improvisons les plus beaux mots d’amour et d’engagement.
Arrive ensuite le moment de la chanson. À la dernière minute, cette semaine, mon amoureux m’a suggéré de ne pas la faire seule, mais de donner les paroles à tous, pour avoir moins de pression. Ma voix tremble tellement que j’ai peine à chanter. Je fausse. Tout le monde chante trop lentement et plusieurs semblent ne pas savoir l’air. Mon père chante très fort, encore plus faux que moi. Rien pour m’aider! J’entends ma mère dire à son conjoint :
-Pauvre Dulcinée! Elle a toujours faussé, depuis la petite école!
Elle rit de moi! Comme si ce n’était pas assez, dans la dernière rangée, j’aperçois le batteur des Funk Frenz qui grimace. De toute évidence, ma prestation lui fait mal aux oreilles. Heureusement, le ridicule ne tue pas…
La cérémonie se poursuit en beauté, et, dans un moment empreint de joie, on est bientôt déclarés mari et femme.
On est mariés!!!!!
Que la fête commence!

dimanche 17 juillet 2011

Ça aurait pu mal tourner…

Le mercredi 13 juillet 2011, au chalet
Hier soir, il pleuvait et nous avons dû reporter le projet de manger des guimauves autour du feu. Nous en avons donc profité pour regarder la vidéo de la cérémonie. On a dû se masser autour du minuscule écran de la caméra, étant donné que le fil pour connecter à l’ordinateur était défectueux.
-Je veux voir!
-Pousse-toi!
-Aïe!
C’était bien difficile de contenir les enfants. Ils ont cependant vite perdu l’intérêt, vu que le film était pour tout dire des plus ennuyeux. La caméra était trop loin, le zoom pour le son n’avait servi à rien, le vent soufflant plus fort que tout le reste. On a l’a donc fait jouer en fast-forward. On regardait les images défiler à toute vitesse, situant chaque partie de la cérémonie à voix haute.
-Ha! V’là la mariée!
-Un p’tit kleenex.
-Le poème.
-Les alliances.
-Embrassez-vous…
-Blabla…
-Là, fiston, t’es parti chercher la guitare!
-On chante.
-Ah! C’était atroce. J’suis juste contente qu’on n’entende pas le son!
Tout le monde s’esclaffe en repensant à ma prestation-fiasco.

-La cérémonie du sable. Ça, c'était vraiment beau!
-La prière.
-C’est fini! Tout le monde s’embrasse.
-Champagne!
Tous se rapprochent alors de la caméra. Ce qu’on voulait voir, c’était l’accident. J’avais franchement l’impression que ça s’était passé à peine dix minutes après la fin de la cérémonie, mais il a fallu attendre un peu plus longtemps. On a fait défiler le film en accéléré, jusqu’à ce que je me retrouve enfin à parler avec ma collègue. On a alors attendu l’arrivée de ma nièce de neuf ans dans la scène.
Et là, on a vu l’évènement se produire : un parasol géant qui quitte la terrasse du haut, où il faisait de l’ombre à la caméra, et vole et faisant des tours sur lui-même, tout droit vers la mariée, au milieu de la foule, dans le parterre.
-Aaaaaaaaaaaaaaaah!
On était sous le choc en voyant la scène merveilleusement filmée. On avait cru que le parasol était arrivé de la terrasse d’en bas. Personne, sauf apparemment le maitre d’hôtel, qu’on entend sur le film, n’avait réalisé que l’objet volant était parti du deuxième étage. Un énorme parasol, avec un mat de bois de plusieurs pouces d’épais, et un pommeau qui aurait pu tuer ma collègue, à qui je parlais, lorsqu’il l’a frappée de plein fouet à la tête. La boule aurait pu l’atteindre à la nuque et la paralyser. Il aurait aussi pu tuer ma nièce qu’il a ratée de peu et qui a plutôt été frappée par le mat. Ça aurait aussi pu se passer quelques minutes plus tôt et atteindre la mariée en pleine face, au cours de la cérémonie. À la place de ça, c’est ma collègue qui avait pris le coup pour moi.
-Le maitre d’hôtel avait raison, c’est moi qui l’ai ouvert, ce parasol.
Mon époux venait de réaliser ce qui s’était passé.
-Il m’a dit qu’il t’avait dit que ce n’était pas sécuritaire.
-Je ne l’ai pas entendu.
Le maitre d’hôtel ne pouvait pas savoir que mon amoureux est sourd d’une oreille.
-Il aurait quand même dû le sécuriser, s’il avait des doutes…
On a rejoué la scène incroyable plusieurs fois, nous fermant presque les yeux pour ne pas voir le coup, à chaque reprise. À la fin, j’avais la nausée. On a passé une fin de soirée morose, malgré toute notre bonne volonté.
-T’as vu comment j’ai réagi? Complètement immobile dans ma robe de mariée, pendant des minutes. J’avais pourtant l’impression d’avoir essayé de l’aider…
-On devrait le mettre sur Youtube. Flying umbrella hitting crowd at wedding. Installed by the groom - almost hit bride! No one seriously injured.
Rires jaunes.
-On devrait plutôt appeler les blessées, pour voir comment elles vont…
On leur a parlé aujourd’hui. Elles vont bien, apparemment. Malheureusement, on a aussi appris que papy s’est réellement blessé à la cheville, lors de sa chute dans le dangereux petit bassin d’eau, toujours à la noce.
Quelle noce!
On n’en demandait pas tant…

Chronologie des évènements, deuxième partie

Le samedi 9 juillet 2011

Ma demoiselle d’honneur est arrivée bien à l’heure, avec sa petite famille et sa meilleure amie, qui joue aujourd’hui l’important rôle de la photographe. Ma sœur est sublime dans sa robe dorée, très chic. Elle l’a achetée il y a 36 heures!
« Hey, Dulcinée, on n’est pas supposés voir la mariée avant », m’a dit tantôt l’un des amis de mon amoureux. En effet, les gens vont bientôt commencer à affluer et on décide donc que le moment est venu pour moi de me retirer dans ma chambre, avec ma sœur et ma photographe. Je m’apprête à vivre des moments hors du temps. Tout d’abord l’habillage. Ma sœur a beaucoup de difficulté à me fixer la fleur en soie… La photographe prend des clichés de chaque étape, en pestant.
-Calmez-vous un peu et bougez moins vite! Je n’aurai pas une seule photo de bonne!!!
J’enfile donc mes bijoux au ralenti...

Lorsque je suis enfin prête, on m'informe que mes filles viennent d'arriver. Ça tombe bien! J'avais tellement hâte qu'elles me voient ainsi!
-WowPourquoi princesse?
C’est ma petite de deux ans qui ne comprend pas trop bien tout ce qui se passe.
-Maman va se marier avec papa. Je me suis mise belle pour lui!
Parlant du mari, je mandate ma demoiselle d’honneur pour qu’elle aille lui dire de se préparer.
-Je m’en charge. Tel qu’on le connait, si aucune femme ne lui dit que c’est le temps, il pourrait bien se retrouver en jeans et t-shirt à la cérémonie!
On rigole.
Quand ma sœur revient, je lui demande de me dire qui est arrivé. Mes deux meilleures amies sont là et je leur fais dire de venir me voir. Elles passent chacune à leur tour un bon moment avec moi. Précieux.
14h45. J’entends par la fenêtre ouverte la musique qui commence. Ça sera quatre chansons des Beatles. Ensuite, je ferai mon entrée. Et je perdrai la notion du temps…
Pour l’instant, ma sœur vient me voir, au bout de son souffle.
-Ah! Si un jour tu te remaries, ne rechoisis JAMAIS mon chum pour jouer le rôle de placier, best-man ou whatever! Il n’y avait personne dans le parterre, mais tous étaient devant l’auberge, à jaser tranquillement. Une chance, j’ai pris les choses en main!
Deuxième chanson des Beatles. Ma sœur va chercher mes filles. On attend. Je replace mes cheveux. La chanson s’éternise alors qu’on est de plus en plus fébriles.
Troisième chanson.
-Maman, mes souliers me font mal! Je veux un plaster!
À mes pieds, ma valise. Dans le petit compartiment, les diachylons. J’ai prévu le coup et en un temps trois mouvements, je protège les pieds de ma fille où commencent à apparaitre des ampoules. Les maudits souliers de bouquetière! Ce moment de réalité maternelle fait passer le temps plus vite et m’enlève un peu de ma nervosité. Fiou!
C’est maintenant All you need is love qui joue. La quatrième chanson! On descend se placer. Depuis la terrasse, je peux apercevoir mon futur mari… Je danse joyeusement depuis ma cachette. Je suis vraiment contente qu’on y soit enfin!
Silence.
Cornemuse: The Hero, de Mike Oldfield.
J’en ai tant rêvé… Le moment est enfin venu.
On y va!

samedi 16 juillet 2011

Chronologie des évènements, première partie

Le samedi 9 juillet 2011, midi
Je viens d’arriver à l’auberge. Le temps est splendide. La route était belle et je me suis même laissé aller à pleureur dans ma voiture, en pensant aux vœux que je vais bientôt prononcer. Étrangement, ma petite ville de province était complètement bondée, en cette journée d’été. Il y avait les populaires ventes de garage annuelles, de l’animation et des jeux gonflables au cœur du village, du monde partout. Ça faisait drôle, au milieu de tout ça, de mettre ma robe de mariée dans ma voiture…
Ma journée de mariage a commencé par un très tôt réveil à lire mes courriels : une avalanche de messages d’amour des femmes de ma vie… Wow! Merci! Puis j’ai attendu que mon fiancé se lève et je l’ai ramené directement au lit… (Ceci, à mon humble avis, devrait devenir la tradition des temps modernes: je le recommande à toutes les futures mariées!)
Ensuite, sous un ciel noir et menaçant,  je suis partie rejoindre ma meilleure amie au salon de coiffure, où elle venait conduire la grande fille de mon amoureux et, en même temps, me faire les ongles et me tenir compagnie. On a contaminé le salon de notre bonne humeur et de notre fébrilité et on est reparties en laissant derrière nous une désagréable odeur de remover à cause des nombreux ongles ratés. Heureusement, l’esthéticienne avec qui j’avais ensuite rendez-vous a sauvé la situation. Elle a aussi réussi mon maquillage. (Je crois!!!)

Aaaah!… Dans trois heures, nous y serons!
Les Funk Frenz sont déjà là et le parterre grouille d’effervescence. Sound checks. On se croirait au festival d’été!!! Je dois dire, cependant, que tous ces beaux musiciens étaient trop occupés pour aider la mariée à monter ses bagages à l’étage. On repassera pour la galanterie!!! (C’est une de mes amies qui m’a donné un coup de main… Vive la solidarité féminine!)
Dernier constat pour l'heure: la terrasse est magnifique. Ils ont monté une grande table pour les 40 convives... Ma mère va trouver ça beau!
Tout est parfait!

vendredi 15 juillet 2011

Laisser retomber la poussière

Le lundi 11 juillet 2011
Mon bouquet de mariée occupe discrètement l’espace dans un vase sur la petite table de la cuisine. Six roses blanches qu’on croirait presque encore fraichement coupées. C’est le seul indice que notre mariage a bel et bien eu lieu il y a deux jours. Les enfants sont déjà en maillot de bain et se préparent à aller pêcher les écrevisses. Le lac est calme et la journée s’annonce belle. Nous n’avons pas hésité à vivre notre voyage de noces à quelques dizaines de kilomètres de la maison seulement, dans un petit chalet loué au bord d’un lac, avec nos quatre enfants.
-Maintenant, je suis ta vraie belle-mère!
Le grand garçon et la grande fille de mon amoureux sont les deux premiers que j’ai serrés dans mes bras à la fin de la cérémonie, suivis de près par mes parents émus. Notre plus jeune, elle, s’est endormie dans les bras de sa gardienne au beau milieu de notre échange de vœux…
Tous ces souvenirs vont s’estomper peu à peu, si bien qu’il ne restera au fil des années que des bribes de souvenirs…



À venir : la chronologie des évènements

samedi 9 juillet 2011

Le jour de mon mariage

C'est aujourd'hui...

Je vais suivre le conseil que m'a donné hier un ami: profiter de chaque instant...

vendredi 8 juillet 2011

Jour 1 (3e partie) : Le marié en piteux état

Futur époux est finalement revenu de son long périple, en voiture louée. Il est allé porter ses deux grands chez nos amis pendant que moi j’allais porter les petites chez mon père. Dès que je suis arrivée à la maison, j’ai compris que j’aurais dû rester à souper chez papa : du poulet avec des bonnes frites de la cabane du village. Puis j’aurais peut-être pris une bière avec mon père dans le garage. On aurait passé un bon moment père-fille, à la veille de mon mariage. On s’en serait rappelé longtemps. À la place de ça, en rentrant chez moi, j’ai trouvé futur époux endormi. J’ai mangé seule un restant de la veille, au bout du comptoir à travers la vaisselle sale. « Allez, va souper avec ton futur mari, passez une belle soirée et profitez-en! », m’avait dit ma belle-mère. Tu parles. Quand mon amoureux s’est levé, j’ai eu le spectacle d’un homme atteint d’une grippe d’homme, crachant, toussant, et me demandant où j’avais mis les Tylenol.
Les grippes d’hommes ne guérissent jamais en 24 heures, c’est connu. J’ai hâte de voir ce que ça va donner demain. En tous cas, ce soir, il se repose.
J’ai repassé mon déshabillé pour rien… J’aurais aussi bien pu le laisser chez mon amie, l’autre fois. Peut-être que Gaston, lui, aurait pu en profiter avec elle!
Je pense que je vais aller me louer un film.

Jour 1 (suite) : Garder l’esprit sain

Futur époux était sur la route dès 5 h 30, ce matin, pour aller chercher ses deux enfants qui vivent au Vermont. Il avait l’air découragé en partant : fatigué, mal à la gorge, mal à la tête. Et je pense de mauvaise humeur de se sentir ainsi malade, à la veille de cette célébration si longuement préparée.
9 h 00. Le téléphone sonne alors que je m’apprête à aller reconduire les filles pour la journée.
-Dulcinée? C’est moi. Écoute, on est à Cowansville. L’auto est en panne. Je suis au garage et on n’est pas sortis d’ici avant quelques heures. Ils n’ont pas eu le temps de la regarder encore.
-Est-ce que je peux faire quelque chose?
-Aller chercher les cahiers de chansons à l’imprimerie avant midi. Je te tiens au courant.
-C’est vraiment pour tester notre amour tout ça!
-C’est pour tester notre capacité à garder l’esprit sain, ma chérie.
-Ah oui? J’ai hâte de voir…
13 h00. Le téléphone sonne à nouveau. Entre temps, j’ai géré les commissions et une grosse corvée de repassage des tenues de mariage des quatre enfants. C’est la tâche ménagère que je déteste le plus…  Au bout du fil, la fille ainée de mon amoureux.
-Dulcinée? On est au car rental. On va louer une auto parce que l’auto de papa, ils ne savent pas ce qu’elle a. Peut-être qu’elle est finie. Ils vont devoir faire une grosse inspection.
-Oh, mon dieu, ça va couter cher ça…
-Non, non, 219$ pour la semaine.
J’ai envie de lui dire que les réparations vont couter beaucoup plus cher que la location d'auto, mais je décide de protéger son innocence. Elle a bien le temps d’avoir des soucis financiers.
Elle ajoute, avec l’excitation typique d’une préadolescente :
-En tous cas, j’ai retrouvé mes boucles d’oreilles et mes ongles sont TELLEMENT beaux!!!
De mon côté, j’ai depuis deux jours une seule main et un seul pied qui ont du vernis. Mes tests se sont arrêtés là, faute de temps pour continuer. J’espérais profiter de mon après-midi pour relaxer et me faire tremper les pieds. J’espérais aussi vivre une soirée romantique avec mon futur époux ce soir. J’espère qu’il ne sera pas trop assombri par les évènements…

Jour 1: Pourquoi se marier?

Après sept années de vie commune, on aurait pu continuer comme ça. Après deux enfants, une maison et une avec une vie bien occupée, pourquoi se marier?
N’allez pas croire que c’est la Dulcinée qui faisait des yeux doux pour que son beau chevalier lui fasse la demande, afin qu’elle vive son mariage de conte de fée…
C’est plutôt lui qui en parlait avec mon père presque à chaque fois qu’on allait le visiter, au cours de deux dernières années.
-Hey, pouvez-vous arrêter de planifier mes noces, je n’ai même pas encore dit oui. Pis tu ne m’as même pas encore fait ta demande, beau parleur!
Je dois dire que j’en avais surtout rêvé lors de notre première année de fréquentation. Je ne rêvais pas du mariage, mais de LA DEMANDE. Je me souviens, lors de notre voyage au Chili, un certain moment où nous étions enlacés sur la plage, au bord du Pacifique. Le moment était parfait. Dans ma tête, je répétais : « Do you want to marry me? … Dis-le, dis-le… ». Mais mes efforts de télépathie n’ont pas fonctionné. J’ai vécu quelques moments comme ça lors de ce voyage. Je suis passée à un doigt de le lui demander moi-même, mais je rêvais tellement d’une demande romantique… Je n’allais pas gâcher ma chance.
Les mois ont passé. On a parlé de mariage à travers les conversations, j’ai dit que je ne rêvais pas de ça. Mon amoureux étant déjà divorcé, il a classé l’affaire. Par la suite, il y a eu les enfants, l’adaptation à cette vie de parents à deux, et quelques périodes où je n’aurais pas parié sur notre couple.
Finalement, l’an dernier, on en a parlé sérieusement. Mon amoureux rêvait de faire venir sa famille ici, et le mariage semblait l’occasion rêvée. On a discuté du sens de cet engagement. On a pris le pari de continuer ça à deux, persuadés que l’option de la rupture, malgré les difficultés ponctuelles et les grandes différences de personnalités, ne nous rendrait jamais gagnants de rien. Nous sommes persuadés que tout ce qui nous est arrivé dans nos vies respectives avant qu’on devienne un couple avait pavé la voie à accueillir l’amour de notre vie. On était prêts à se promettre de tout faire pour protéger cette relation, la faire grandir, l’honorer.
Les membres de la famille de mon amoureux ont tous décliné l’invitation, ironiquement. Et ma grande demande romantique n’a jamais eu lieu. Qu’importe!
Hier, je lui ai demandé :
-Quand on va être mariés, vas-tu encore m’appeler ta blonde, ou tu vas m’appeler ta femme?
-Ma femme, voyons!
-Tu m’appelleras plus ta blonde?
-Pourquoi je t’appellerais comme ça? De toute façon, je t’appelle déjà ma femme, quand je parle de toi.
Ah oui?
J’imagine que c’est culturel. Moi, je pense que ça va me faire très drôle dans la bouche,  dire « mon mari ». Ça ne semble pas un mot de ma génération. Même ma mère, à partir des années 90, a recommencé à appeler mon père son chum. Ça faisait plus jeune! En tous cas…
J’ai hâte de dire mon mari. J’ai hâte d’être sa femme…
C’est fou, mais en préparant notre mariage, on dirait que notre amour a encore grandi.

mercredi 6 juillet 2011

Jour 3: La mariée en piteux état

Une mariée aux yeux rouges, vous avez déjà vu?
Ce matin, j’ai eu la mauvaise surprise de constater non pas seulement la réapparition du maudit feu sauvage, mais aussi une conjonctivite naissante dans mes deux yeux.
Autre visite chez le docteur, à la pharmacie, alouette.
On fait quand même des blagues, futur époux et moi :
-Avec les yeux rouges de même, t’auras l’air complètement droguée, ma chérie.
-Quand elle va dire « vous pouvez embrasser la mariée », vas-tu m’embrasser pareil? 
Hésitation de futur époux…
-On pourrait garder le petit tube d’onguent pas loin… et tu pourrais t’essuyer la bouche tout de suite après???
Très romantique…

mardi 5 juillet 2011

Jour 4 : En beauté

Après quatre pratiques chez la coiffeuse et encore plus d’essayages de robe, je suis enfin satisfaite de ma tenue. Je ne me suis pas fait bronzer. Je ne me suis pas fait blondir. J’avais pris rendez-vous pour des mèches, et une fois sur place, je me suis sentie tellement triste de camoufler ma couleur naturelle sous un artifice de blond... J’ai demandé à ma coiffeuse de couper mes cheveux comme je les aime, au-dessus des épaules, et de les raidir, tout simplement. Je n’étais pas gênée d’aller nulle part, cette fois. Je n’avais pas l’air de porter une coiffure de mariée. Je me suis rendue à mon dernier essayage de robe. C’était presque trop ordinaire, mais je savais que mon chum m’aimerait comme ça. J’ai ajouté un accessoire pour les cheveux, qui a franchement bien complété le tout. Je suis finalement rentrée à la maison avec ma robe et l’ai cachée au sous-sol. J’ai mis un signe « KEEP OUT » devant la porte de la pièce où elle se trouve. Je l’ai montrée aux filles et elles ont fait un « wow » émerveillé qui m’a complètement satisfaite. Elles n’oublieront jamais ça, leur maman habillée comme ça!

Le feu sauvage a presque disparu et mon moral est revenu. Merci au défunt curé Antonio de Saint-Séverin-de-Beauce pour ce miracle!

***

J'ai demandé à mes invitées de me décrire, en un mot, la robe qu’elles porteront au mariage. Voici leurs réponses…

- En harmonie avec la verdure de la campagne beauceronne!
- Bohémienne-champêtre
- Dans la plus pure simplicité : noire moulante avec une fleur de soie
- Très jolie et de style rétro : noire avec des pois blancs
- Longue avec brillants et bijoux
- Classique et sans « froufrou », avec sandales et accessoires originaux
- « « « « Vibrante » » » » »!!!
- Annie 50, Mylène B ou Ditabella? …Une surprise!
- Dorée, sublime, et surtout... EN VENTE!
-Noire avec un triangle bleu dans le bas, très jolie!
-Belle et rouge, choisie avec Dulcinée!
-Occasionnelle (portée uniquement dans les occasions spéciales!)
Je crois que la plupart prendront plaisir à se faire belles cette journée-là! Elles le feront pour accompagner la mariée…

J’ai vraiment hâte de les voir!

Et les gars? Ils sont chanceux!!!

lundi 4 juillet 2011

Jour 5: Contrôler ses émotions

Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi difficile, émotionnellement. Passer la dernière semaine avant le mariage, avec les contrats de travail à finir avant les vacances, les incertitudes sur mon choix de coiffure (et le sentiment d’avoir vieilli, de n’être pas assez belle pour ma robe, peu importe la coiffure), la menace très réelle d’un feu sauvage (il est là, à peine apparent, mais toujours dans la phase où il grossit… IL VA DEVENIR GROS COMMENT?????), les textes à écrire pour mon blogue (dernier sprint avant la fin!), les pressions de mon souverainiste de père  pour qu’on ait plus de musique francophone à notre mariage, la maison toujours pleine de monde, avec les dernières répétitions de musique, les chanteurs-invités, les voisins qui s’invitent, parce que c’est quand même tout un divertissement, passer la soirée chez nous…

OUF! Je me sens épuisée. Mon corps me dit de ralentir. De me CALMER.

...

samedi 2 juillet 2011

Jour 7: Un chapelet sur ma corde à linge

J’y pensais depuis longtemps. La seule chose dont je n’étais pas certaine, c’était quand mettre mon chapelet sur la corde à linge. C’était clair depuis le début que la température du jour de mes noces n’allait pas être la seule prière faite lors de l’accrochage.
Clair qu’il y aurait aussi « Mon Dieu, faites que les cultivateurs autour de l’auberge n’épandent pas leur purin ce matin-là », « Mon Dieu, faites que ça ne tombe pas sur le premier jour de mes menstruations », mais surtout « Mon Dieu, épargnez-moi d’un feu sauvage le jour de mes noces ».

***

Il fallait que ça arrive.
Hier matin, je me suis réveillée à 4h, avec un picotement sur la lèvre. Je n’étais pas dans mon lit, puisque j’avais décidé de dormir chez ma chum de fille, après une soirée bien arrosée. Un genre d’enterrement de vie de jeune fille, mais version relax, version j’ai 38 ans, deux enfants et ma vie de jeune fille est depuis longtemps enterrée. Bref, 4 heures, et je me rends compte que je n’ai pas ma crème médicamenteuse qui pourrait me donner une petite chance. J’ai envie de me lever et de partir chez moi tout de suite, mais ma voiture est derrière celle de mon amie… J’essaie sans succès de me rendormir, imaginant le message que je devrais envoyer à tous mes invités : « Par respect pour la mariée, qui vivra le jour le plus humiliant de sa vie, vous êtes priés de laisser vos caméras chez vous… »
Je suis finalement rentrée chez moi dans le milieu de l’avant-midi, dans un état d’affolement croissant. On est le 1er juillet, fête nationale du Canada, et je sais très bien que j’aurai du mal à trouver un docteur aujourd’hui. Le temps presse, il me faut le plus vite possible la petite  pilule magique qui pourrait réduire mes chances de me présenter à mon mariage dans une tenue de princesse avec une face de sorcière. Pour tout arranger, les amis de futur époux arrivent sur le coup de midi, l’emmenant pour 24 heures à Woodstock en Beauce. C’est son enterrement de vie de garçon, et me voilà avec mes filles sur les bras, après une nuit de deux heures de sommeil, en proie à une crise de panique que j’essaie de contrôler. Après avoir visité sans succès le CLSC de mon village, je téléphone à toutes les cliniques des alentours. Toutes sont fermées en ce jour férié.
Toutes, sauf une, dont le message enregistré n’est pas très clair. Je saute dans la voiture avec les enfants et m’y dirige sans plus tarder, mais sans trop y croire. Lorsque j’arrive sur les lieux, le stationnement est désert. Mauvais signe. Je pousse la porte. La réceptionniste m’accueille, souriante :  « Tout le monde pense qu’on est fermés, il n’y a qu’une personne avant vous! ».
La docteure est jeune, plus jeune que moi. Quand je lui expose mon problème, elle échappe un gros « Haaaaa! ». Sans plus tarder, elle me prescrit les petites pilules, deux fortes doses : une pour aujourd’hui et une pour le jour du mariage… On ne sait jamais!
Les petites pilules, elles ne garantissent rien. Je le sais, j’en ai déjà pris. Parfois la crise passe sans que le bouton sorte. Parfois, ça sort pareil, en moins pire. Vingt-quatre heures après les avoir prises, ça me picote encore, mais rien ne parait.

***

Ma croix de première communion pend sur ma corde à linge.
Météo Média annonce un soleil radieux dans la région le 9 juillet.
Pour le reste, on se croise les doigts.
Dans une semaine à cette heure-ci, nous serons mariés!!!!

jeudi 30 juin 2011

Jour 9 : Un élan d’inspiration

Pour futur époux comme pour moi, la préparation de ce mariage aura été l’occasion de s’investir dans nos passions. Moi, pour l’écriture. Lui, pour la musique.
Ainsi, au fil des semaines, le jam occasionnel de mon amoureux avec ses amis musiciens est devenu une soirée de répétition quasi-hebdomadaire. L’activité a lieu chez nous, dans le studio de musique qui se cache au fond du sous-sol. Les gars arrivent vers 19 heures, armés de leurs instruments et de leur petite caisse de bière. Ils descendent dans le studio et n’en ressortent pas avant minuit. Futur époux ne remonte que pour voir les filles un peu et leur dire bonne nuit vers 20 heures.
Dès qu’elles sont couchées, moi, j’essaie d’écrire quelques mots. Mon bureau est juste au-dessus de la pièce où les gars jouent. C’est bien insonorisé, mais je sens les vibrations du drum sous mes pieds. J’entends les gars chanter au loin. J’adore ça, les écouter! Ils  jouent de la musique funk, d’où leur nom, Funk Frenz. Moi, j’écris, je fais évoluer Dulcinée, tout en me demandant comment je vais canaliser ma passion pour l’écriture après que les cent jours soient écoulés. Je rêve de me faire publier. Je rêve…
Quand je n’entends plus les gars et que je comprends qu’ils sont en break, je me sers une bière et je vais les rejoindre. Ils ne sont pas tout à fait en pause, ils composent une pièce qu’ils veulent présenter à la noce. Ils ont déjà le refrain depuis longtemps et essaient d’en faire une vraie chanson avec des couplets. Ils parlent de se présenter dans un concours amateur qui se tient au bar de notre petite ville de province. Tous trois rêvent d’être payés pour se produire en spectacle. C’est beau de les voir! Je reste un peu avec eux, le temps de prendre ma bière, puis je les quitte pour les laisser avancer.
Les autres soirs, mon amoureux travaille seul dans son studio, où il compose et enregistre des pièces de musique "pour faire jouer au mariage". J'aime particulièrment Country Girl, écrite pour l’une de nos filles. Ça raconte sur fond pop-western l’histoire d’une jeune fille qui est partie vivre en ville. Elle se rend compte qu’elle préfère la pomme cueillie dans le jardin au sushi bar de son quartier... Je suis une fan!
Cet élan vers nos passions, autant inespéré qu’inattendu, est un véritable cadeau pour nous deux.
Futurs époux... et, qui sait, futures stars?

mercredi 29 juin 2011

Jour 10: Une autre visite chez les fées

Cet après-midi, je suis passée à la boutique pour voir si ma robe était prête. Elle ne l’était pas, mais je suis quand même restée un bon quarante minutes, à essayer des accessoires pour cheveux et discuter avec les vendeuses. Comme à chaque visite chez Parfume ta vie, j’ai étiré le temps…

J’y passerais encore des heures, à essayer des robes de princesse, des bijoux qui brillent comme des diamants, des voiles, des chaussures en strass, des foulards, des fourrures… Des heures à me faire traiter aux petits oignons par les vendeuses, qui sont aussi stylistes, couturières, psychologues… La seule chose qu'elles ne savent pas faire, c'est transformer une citrouille en carrosse!
Je me demandais, en partant, quand j’aurais l’occasion d’y revenir, une fois le mariage passé. Je calculais les années avant la graduation de ma fille (12 ans!!!) et je me disais qu’il faudrait bien que je me trouve d’autres évènements…
Il faudra que je lance mon bouquet!

mardi 28 juin 2011

Jour 11 : Impossible de reculer

Je crois que futur époux et moi, on est un peu las des préparatifs de mariage. Notre vie tourne pas mal autour de ça depuis un bon petit bout, et il est temps que l’évènement se produise et qu’on passe à autre chose. Qu’on arrête de se demander si ça sera trop comme ceci, ou pas assez comme cela… Qu’on porte notre mariage du côté des souvenirs, avec l’album photo, le bouquet de roses séchées et autres parcelles de cette belle journée. Qu’on en ressorte avec la force de l’engagement pris dans un moment qu’on souhaite riche de sens et empli d’amour. Que le côté logistique de la noce fasse place aux discussions entre convives et à l’esprit festif. Que nos invités nous en reparlent à travers le temps en disant : « En tous cas, on a eu du plaisir à votre mariage! Le décor était splendide, le vin était bon, on a passé une belle journée…»
C’est tout ce que je souhaite. Passer une belle journée!
Et revenir dans le temps présent.

***
Ce matin, futur époux me dit :
-J’ai rêvé au mariage. Il y avait de la musique et tous nos amis étaient là. C’était un party, mais c’était plaaaaate!
Son soupir de découragement en disait long.
Je sens bien que mon homme n’est pas tout à fait satisfait de la tournure de l’évènement.
Il aurait voulu faire ça chez nous. Habillés moins chics. Moi, en robe blanche « remettable » achetée dans une boutique normale. Lui, portant son veston noir qui lui va si bien. On aurait eu les moyens d’offrir l’alcool et la bouffe à nos invités.  Ils auraient pu planter leur tente dans notre cour. On aurait chanté autour du feu… On se serait mariés au milieu de tout ça, dans la simplicité.
Je le comprends et je peux facilement me mettre à regretter nos choix moi aussi (les miens, devrais-je dire).
Peut-être qu’à 11 jours du mariage, c’est normal de passer dans ce genre de phase… Je m’encourage en me disant que :
1)     La fébrilité devrait nous frapper comme la foudre, à quatre jours du mariage.
2)      Au moins, on ne remet pas en question le choix de s’engager l’un envers l’autre, pour la vie. C’est quand même ça le plus important!

***
Pour ce qui est du rêve de mon futur époux de se marier chez nous, je lui ressers toujours le même discours lorsqu’il en parle :
-Tout d’abord, en cas de pluie, la maison n’est pas assez grande pour loger tout ce monde.  Il me répond toujours : ben non, on aurait loué un chapiteau… Me semble, ouais. Dans la flotte, sous le chapiteau. Pas mon fort!
-Ensuite, le projet de refaire le patio est toujours à l’état de projet, justement. Le patio a été démoli, laissant à la place un immense carré de sable dans lequel on circule depuis le printemps. Il y a du sable partout dans la maison. Pas chic du tout pour un mariage, même en robe normale.
-Surtout, qui pensez-vous aurait fait le ménage, le matin du mariage? Qui aurait fait les lits des quatre enfants, changé les draps pour la visite, récuré les toilettes? Ha, non, pas que moi. Futur époux aussi, car on partage très bien les tâches. Mais même en équipe, ça ne me tentait pas pantoute de frotter, le matin de mes noces!
-Qui aurait ramassé la vaisselle? On aurait mangé dans de la vaisselle en plastique. Qui aurait ramassé les déchets? Ma grand-mère, voyons! (Je dis ça à la blague, mais je la connais, elle n’aurait pas résisté…)
-Pour ajouter du piquant, nos filles auraient fait comme elles font toujours, tenter de prendre la poudre d’escampettes pour aller rejoindre leurs petites amies du voisinage. Je me vois, sacrant, traversant le boisé avec ma robe, le voile pris dans les branches, pour aller récupérer mes petites sorcières chez les voisins (vous voyez, évidemment que ça aurait été une robe normale! et pour ce qui est du voile, je n'en porterai pas de toute façon, c'est juste pour vous faire rire...)
-À la fin de la soirée, je peux déjà imaginer que l’attraction du studio de musique de mon mari aurait fait son œuvre, comme à chaque party. On aurait fini ça entassés dans le  sous-sol…
À faire rêver!
Je pense que l’enthousiasme que j’espérais vient de me frapper!

jeudi 23 juin 2011

Jour 16 : Le plus beau mariage au monde

Voilà le titre d’un billet de blogue de mariage sur lequel je suis tombée ce soir en faisant le ménage de mes favoris.
Puisqu’on a perdu la télé depuis maintenant presque une semaine (l’histoire de la définition numérique ou je ne sais quoi, on ne capte plus rien!), j’ai cliqué sur la vidéo apparemment récente, histoire de me divertir un peu.
En 14 minutes 28 secondes, une fille dans la vingtaine, qui mangeait relax au restaurant avec son chum, se fait d’abord jouer un scénario suggérant qu’il la trompe, puis tout le monde se met à danser autour d’elle : les serveurs, les autres clients, tous semblent sortis tout droit d’une comédie musicale. On emmène ensuite la fille dehors, où son amoureux la demande en mariage sur un tapis rouge devant des centaines de figurants. Elle pleure et dit oui. Il lui propose alors de faire ça tout de suite, maintenant. Leurs meilleurs amis sortent d’un char allégorique, suivis de la famille. Jusque-là, on peut presque encore dire que c’est cute.
C’est alors que d’autres danseurs apparaissent et lui enfilent une robe de mariée 2 tailles trop grande pour elle. Par-dessus son linge!!! Personne ne prend la peine de lui attacher la robe et son col de chandail lui dépasse… Elle a l’air de porter une tente faite en tissu de rideau blanc.  
Évidemment, elle ne se voit pas, alors elle monte sur le stage devant une foule en délire. Un célébrant prononce la cérémonie en 1 minute 3 secondes (j’ai minuté), puis la foule applaudit et tous les figurants se remettent à danser. Howie Mandel (le gars qui anime Deal or no Deal, la version originale du Banquier) sort de nulle part et vient interviewer la mariée comblée.
Fin de la vidéo. 14 minutes 28 secondes.
Plus d’un demi-million de vues sur youtube pour ce mariage qui a dû coûter pas mal plus cher que le mien.
Tellement poche. Moi, si mon chum m’avait volé le plaisir de préparer mon mariage, choisir ma robe, être plus belle que jamais le jour de mes noces, lui dire oui devant tous nos proches dans un moment empreint d’intimité… J’aurais peut-être dit oui pour ne pas lui faire perdre la face, mais je ne peux imaginer que je ne lui en aurais pas voulu par la suite! (pour le reste de mes jours...)
Je ne vois pas en quoi ce mariage peut être appelé le plus beau mariage du monde
J’espère juste qu’après tout ça, son chum va lui dire : si tu veux, chérie, on va s’en refaire un vrai…

dimanche 19 juin 2011

Jour 20: Les alliances

Ma quatrième visite à la bijouterie a finalement été la bonne! Après avoir trop rapetissé mes bagues, puis les avoir ragrandies (deux fois pour l’une d’elles), le bijoutier était heureux de me voir sourire enfin. Les deux anneaux et la bague à diamant, qui appartenaient à ma grand-mère, me vont maintenant à merveille! J’ai vraiment hâte de les porter.
En arrivant à la maison, j’ai pensé les déposer dans une petite pochette bleue qui me vient d’un autre bijou et d’où mon amoureux pourrait les sortir lors de la cérémonie. Ça me réglait un détail logistique tout en respectant la tradition qui veut que la mariée ait un petit quelque chose de bleu.
Toute contente de mon idée, je vais chercher la petite pochette, glisse les anneaux dedans, puis vais montrer ça à futur époux, qui travaillait à écrire une chanson.
-C’est beau!
Je vois bien qu’il essaie de se débarrasser de moi et qu’il est occupé, mais je ne peux résister :
-Hey, est-ce que ça te tente de te pratiquer?
-Ha, Dulcinée, je travaille, là!
-Come on! Come on! Juste une fois. Voulez-vous prendre Dulcinée pour épouse? Passez-lui la bague au doigt!
Mon amoureux roule des yeux en en laissant quand même échapper un sourire. Incapable de résister à mon charme et à mes demandes de future mariée, il prend les anneaux et s’exécute.
De toute beauté! Le geste, la bague, tout!
Une autre chose de cochée sur la liste!

mardi 14 juin 2011

Jour 25 : Les dessous oubliés

La semaine dernière, j’ai enfin acheté mon kit pour ma nuit de noces. Toute contente de mon achat et désireuse de le partager (30 jours, c’est long pour une fille qui arrive de magasiner!), je l’ai apporté chez ma meilleure amie pour le lui montrer. Ok, ok, je l’avoue, je l’ai montré aussi à mes filles, qui l’ont adoré : « Wow… wow… c’est doux… ». Bref, en rentrant de chez ma copine, je me suis rendue compte que je l’avais vraisemblablement laissé là, puisqu’il ne se trouvait ni dans l’auto, ni dans la maison. Je me suis dit que ça n’était pas grave, puisque je le récupérerais en la revoyant, le surlendemain.
Tout à coup, j’ai eu un flash du chum de mon amie arrivant dans sa cuisine et trouvant sur le comptoir mon petit sac de chez La Vie en Rose. J’imaginais le gars en train de sortir le vêtement du sac, sourire à l’idée de la surprise que sa blonde lui prépare, et remettre en vitesse le morceau sans rien dire.
Mal à l’aise à l’idée que le chum de gars de mon futur époux voit mon déshabillé de nuit de noces, je compose le numéro en vitesse et tombe sur le répondeur.
-Allo! C’est Dulcinée. Bon, Gaston, je suis venue voir ta blonde aujourd’hui, pis j’ai oublié mon kit de nuit de noces! Fait-que si tu trouves le petit sac de chez La Vie en Rose dans ta cuisine ou ton salon, OUVRE-LE-PAS!!!!!! J’espère que tu l’as pas ouvert pis pensé que c’était pour toi! Parce que tu vas être déçu!! Bye!
Le lendemain, il a rappelé. Apparemment, il n’avait rien vu...

Je suis trop contente de le croire pour en douter!

dimanche 12 juin 2011

Jour 27 : Conflit d’horaire II

Le band de mon amoureux comporte au départ trois membres, avec des chanteurs invités. L’un des membres du groupe était célibataire jusqu’à tout récemment...
-Vendredi prochain? Ah non, je ne pourrai pas être là…
-Samedi alors.
-Samedi non plus.
Sa nouvelle blonde ajoute, toute excitée :
-On va chez mon frère qui a un vignoble, l’aider à planter…
Mon futur époux s’informe :
-C’est prévu depuis quand, ça?
-Ha, ça fait longtemps, depuis le jour où on s’est rencontrés. Un bon deux semaines.
La performance du groupe à mon mariage est prévue, elle, depuis l’hiver. Ça fait 2 semaines qu’ils n’ont pas pratiqué et il ne reste que trois fins de semaine pour le faire! La fille ne réalise pas que son nouveau chum est impliqué dans la préparation de notre mariage et qu’on compte sur lui. Je stresse un peu et j’essaie de respirer par le nez.
Elle rajoute :
-Hey, pour vos pratiques, il reste LUNDI, MARDI, MERCREDI, JEUDI…
Ben oui, les 4 soirs où mon chum travaille. Ce dernier se retourne et glisse à l’oreille du troisième membre du groupe :
-On va le remplacer par un programme informatique! Je viens d’en acheter un bon.
Il a réussi à me faire rire. Et vlan!
Quand même… Vive la préparation de mariage!

mercredi 8 juin 2011

Jour 31: Dure journée!

En fait, ce titre est vraiment injuste pour ma meilleure amie, avec qui j’ai passé toute cette 31e journée avant mon mariage. Au programme : coiffure, maquillage et ajustement de la robe. Au milieu de tout ça, un dîner sur la terrasse de notre pub préféré. Il faisait beau et on était de bonne humeur. Je ne me suis pas laissée décourager par ma frange rebelle qu’on ne savait plus de quel bord boucler, ni par la maquilleuse qui a poudré mon visage pendant une heure trente, alors que je lui avais bien dit dès que j’ai ouvert la bouche : « Je veux ça naturel. »  Je me suis même laissé convaincre de garder une toute petite traine à ma robe, que j’ai essayée une troisième fois avec autant de plaisir qu’à la première.
J’ai même réussi à garder le moral en apprenant que le Chef de l’auberge où on se marie a quitté son emploi.
-Ça me fait de la peine de te le dire, mais ce n’est pas une bonne nouvelle. J’ai mangé là il y a deux semaines…
-Ce n’était pas bon?
-On n’a pas fini nos assiettes. Je pense qu’ils n’ont plus de cuisinier digne de ce nom.
Merde!
Bref, j’ai quand même pris tout ça en respirant par le nez. Jusqu’à ce que j’arrive à la maison à la fin de la journée. Mon chum se préparait pour le travail. J’ai trouvé mes filles dehors, en train de transvider une cruche de précieux sirop d’érable dans un bol à demi-plein de yogourt. J’étais à peine arrivée que j’étais déjà dans le jus! Bienvenue dans la réalité, Dulcinée!
J’ai quand même réussi à avoir une petite minute avec mon chum avant qu’il parte.
-Me trouves-tu belle?
Silence.
-T’es mieux naturelle. On dirait que tu arrives d’un show de coiffure.
Vraiment pas un compliment. La première année qu’on sortait ensemble, j’avais servi de modèle dans un congrès de coiffeurs et ça avait été un fiasco total.
Ça a fini de me saper le moral!

vendredi 3 juin 2011

Jour 36 : Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Depuis trois mois, j’essaie de planifier avec futur époux une rencontre pour préparer la cérémonie de mariage. C’est ce qui avait été convenu avec notre célébrante : revoir les textes et lui envoyer notre version. C’est pas drôle de devoir prendre rendez-vous, et surtout pas très romantique, mais on a eu des horaires de travail différents, alors on n’a pas passé beaucoup de temps en couple ces derniers-temps. Plusieurs fois, j’ai donc mis la rencontre à l’agenda, et plusieurs fois mon chum a eu de très bonnes excuses pour reporter ça.
Un soir, après que j’aie beaucoup insisté, on en a fait un petit bout. Il rayait du texte presque tous les paragraphes, sur le sens du mariage et de l’amour et blablabla. Pas facile! On a arrêté environ après le quart du document. Je ne pouvais imaginer qu’on en viendrait à bout avant les 50 jours qui restaient.
Bref, quand j’ai constaté tout cela, j’ai attaqué le document moi-même, ne demandant qu’à l’occasion son avis à futur époux :
-Chéri, j’ai ab-so-lu-ment besoin de ton attention et de ton avis sur ce petit bout… C’est les vœux qu’on va se dire après les Oui, je le veux!
Je commence à lire à voix haute le texte que j’ai imprimé:
Dulcinée,  je te prends aujourd’hui pour ma légitime épouse.
Je promets de te chérir…”

Il m’enlève le texte des mains et en poursuit la lecture en silence.
-Comme tu vois, j’ai enlevé jusqu’à ce que la mort nous sépare, et remplacé par pour le reste de mes jours.  Je trouvais ça moins morbide.
-Aussi, Je t’ai choisi entre toutes les autres… Ça donne l’impression qu’il y avait un line-up. Franchement, j’aime mieux qu’on laisse faire les autres et qu’on reste centrés sur moi pendant que tu me mets la bague au doigt!
-J’suis bien d’accord. Moi c’est le encourager ton expression qui me fatigue un peu. Il me semble que je n’ai pas besoin de t’encourager, tu t’exprimes déjà assez comme ça!
-C’est fin!
Preuve comme quoi tout peut être sujet à interprétation. Moi, je faisais plutôt référence à son côté artistique, qui vient souvent exaspérer la fille terre à terre que je suis. Je me trouvais bien aimante de mettre ça : l’acceptation totale de sa personne! Bref, on a convenu de changer ses paroles à lui pour encourager ta croissance personnelle. Si ça lui fait moins peur…
Après plusieurs soirées de travail, j’ai donc fini par achever la préparation de chacune des étapes de la cérémonie, qui devrait durer autour de 40 minutes. Je suis très fière du résultat et contente qu’on ait décidé de se marier civilement, ce qui nous donne tellement plus de liberté qu’à l’église! Ça va être beau!
Dans le processus, je me suis rappelé qu’il ne sert à rien de forcer mon futur mari à s’impliquer dans quelque projet que ce soit. Mieux vaut alors prendre les rênes et faire ça à ma manière. Imaginer le moment où, après l’évènement, il va me dire à l’oreille comme c’était beau et comme il apprécie que j’y aie mis tant de cœur.
Ce faisant, je le laisse préparer ce qui l’intéresse. Ainsi, il enregistre des pièces musicales de sa composition pour faire jouer lors du souper. À exploiter ainsi les talents de chacun, on aura un superbe évènement! J'ai hâte!

mardi 31 mai 2011

Jour 39 : Faire des projets d’avenir

-Chéri, est-ce que tu savais comme certains humoristes font de l’argent au Québec?
-Ah oui?
-J’ai entendu une entrevue à la radio ce matin. Martin Matte, il aurait fait  6 millions l’an passé. Et il y en aurait plusieurs autres comme lui.
-Wow! J’suis bien content pour lui.
Futur époux semblait peu intéressé par mes révélations. Ce n’est pas chose hors du commun, alors j’ai poursuivi quand même :
-Tu sais, chéri, quand j’ai entendu ça, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de jeune mère humoriste. Il y a bien des blogueuses connues, comme Mère Indigne et d’autres, mais des humoristes, aucune à ce que je sache. Il y a là un marché non-exploité. Une opportunité incroyable.
-Ha bon.
-C’est sûr que ça se comprend, être mère et humoriste, ça ne fonctionne pas trop au niveau des horaires. Si t’as remarqué, la plupart sont des jeunes gars sans enfant.
J’ai pris une profonde inspiration avant d’ajouter :
-T’occuperais-tu des enfants, toi, si je devenais humoriste?
Il m’a regardée, découragé.
-Non Dulcinée. Pourquoi tu voudrais que je m’occupe des enfants?
-Ben pour partir en tournée. Si je faisais 200 soirs par année aux quatre coins de la province, je ne pourrais pas être ici à m’occuper des filles en même temps. Imagine, 6 millions par année! Tu t’occuperais pas des enfants pour 6 millions?
-Non, parce que moi aussi je vais être en tournée à faire des millions avec mon groupe de musique!
Maudit. C’est donc dur de faire des projets d’avenir avec un artiste! Pour une fois que je viens de trouver un créneau lucratif!
J’ai quand même fini par conclure :
-On engagera une nanny. Comme Céline Dion!
Futur époux a haussé les épaules… Et je suis allée étendre mon linge en pensant à mon tout premier monologue…

samedi 28 mai 2011

Jour 42 : Une idée pour ma nuit de noces

La veille du mariage. Les enfants dorment chez les grands-parents et nous sommes seuls à la maison.  
J’ose faire fi des traditions.
Je mets ma robe, juste pour lui.
Le lendemain, au son de la cornemuse, je descends l’allée devant tous nos proches.
Quand il me voit dans ma robe blanche, il nous revoit la veille...
Et c’est dans cet esprit qu’on se dit oui.

Un beau début, non?

jeudi 26 mai 2011

Jour 44: Dulcinée internationale!

Hé bien moi qui croyais que je n’étais lue que par quelques amies en mal de comédies romantiques, je viens de réaliser que j’ai eu sur mon blogue des visites de l’Allemagne, des États-Unis, de la France, de Singapour, de la Belgique et de la Côte d’Ivoire!
Wow!
Gens de la planète, bienvenue dans mon petit monde!
Ça fait plaisir de vous savoir là!

mercredi 25 mai 2011

Jour 45 : La vie continue

Imaginez votre Dulcinée toujours si souriante, si positive, assise au volant de sa voiture, en larmes, parcourant les 36 km qui séparent son lieu de travail de sa résidence.
La journée avait pourtant tout pour être heureuse. Le 24 mai était encerclé depuis longtemps sur mon calendrier : fête de fin d’année. J’allais revoir tout le monde, deux semaines après mon départ. Il faut dire que j’ai été « coupée » la première cette année encore, puisque je suis celle qui possède le moins d’ancienneté. On se fait à cette précarité au niveau de l’emploi. Je vous l’ai dit, j’ai pas mal roulé ma bosse. J’aurais pu rester à Vancouver ou à Montréal, où j’avais dans les deux cas réussi à obtenir un emploi permanent. À moins d’une faute grave, mon chemin était pavé de roc jusqu’à ma retraite. Au lieu de ça, je suis venue ici, en Beauce, où rien ne m’attendait. Vous croyez que je suivais mon conjoint? Non! Lui non plus n’avait rien devant lui. C’était il y a 5 ans. On rêvait d’une vie meilleure qu’en ville pour élever notre petite famille.
Ce changement de cap allait me permettre de vivre des expériences de travail extraordinaires et qui ne me seraient probablement jamais arrivées autrement. Bref, je n’ai jamais regretté mes choix. Pas même ce 24 mai, même si je suis déçue. Déçue de devoir encore ramasser mes affaires et trouver un autre emploi. Mon patron si gentil semblait mal à l’aise de m’annoncer la nouvelle. Vous savez, madame Dulcinée, j’aurais bien voulu vous garder, mais avec les récentes compressions budgétaires, il a fallu faire des prévisions conservatrices au niveau du personnel pour l’an prochain. Je comprends. Je comprends. Je l’ai remercié et lui ai dit à quel point j’avais été chanceuse de faire partie de leur équipe au cours des deux dernières années. J’étais sincère. Je n’ai pas connu beaucoup d’emplois que j’ai autant aimés que celui-là. Il est toujours préférable de démontrer de la maturité dans ce genre de circonstance, alors je suis restée positive jusqu’à la fin de l’entretien, même si mon cœur était en miettes.
Je sais bien qu’il y aura autre chose pour moi. Je n’ai jamais été très inquiète pour ça. Mais Un de perdu, dix de retrouvés, ça n’a jamais consolé personne…
Puisqu’il faut bien continuer à avancer, continuer à préparer mon heureux mariage et à écrire ce blogue positif, continuer à faire valoir ma personne pour trouver un autre emploi intéressant, j’ai décidé de m’accrocher un sourire malgré tout et de ne regarder qu’en avant. Des fois, c’est ça la vie.