vendredi 8 juillet 2011

Jour 1: Pourquoi se marier?

Après sept années de vie commune, on aurait pu continuer comme ça. Après deux enfants, une maison et une avec une vie bien occupée, pourquoi se marier?
N’allez pas croire que c’est la Dulcinée qui faisait des yeux doux pour que son beau chevalier lui fasse la demande, afin qu’elle vive son mariage de conte de fée…
C’est plutôt lui qui en parlait avec mon père presque à chaque fois qu’on allait le visiter, au cours de deux dernières années.
-Hey, pouvez-vous arrêter de planifier mes noces, je n’ai même pas encore dit oui. Pis tu ne m’as même pas encore fait ta demande, beau parleur!
Je dois dire que j’en avais surtout rêvé lors de notre première année de fréquentation. Je ne rêvais pas du mariage, mais de LA DEMANDE. Je me souviens, lors de notre voyage au Chili, un certain moment où nous étions enlacés sur la plage, au bord du Pacifique. Le moment était parfait. Dans ma tête, je répétais : « Do you want to marry me? … Dis-le, dis-le… ». Mais mes efforts de télépathie n’ont pas fonctionné. J’ai vécu quelques moments comme ça lors de ce voyage. Je suis passée à un doigt de le lui demander moi-même, mais je rêvais tellement d’une demande romantique… Je n’allais pas gâcher ma chance.
Les mois ont passé. On a parlé de mariage à travers les conversations, j’ai dit que je ne rêvais pas de ça. Mon amoureux étant déjà divorcé, il a classé l’affaire. Par la suite, il y a eu les enfants, l’adaptation à cette vie de parents à deux, et quelques périodes où je n’aurais pas parié sur notre couple.
Finalement, l’an dernier, on en a parlé sérieusement. Mon amoureux rêvait de faire venir sa famille ici, et le mariage semblait l’occasion rêvée. On a discuté du sens de cet engagement. On a pris le pari de continuer ça à deux, persuadés que l’option de la rupture, malgré les difficultés ponctuelles et les grandes différences de personnalités, ne nous rendrait jamais gagnants de rien. Nous sommes persuadés que tout ce qui nous est arrivé dans nos vies respectives avant qu’on devienne un couple avait pavé la voie à accueillir l’amour de notre vie. On était prêts à se promettre de tout faire pour protéger cette relation, la faire grandir, l’honorer.
Les membres de la famille de mon amoureux ont tous décliné l’invitation, ironiquement. Et ma grande demande romantique n’a jamais eu lieu. Qu’importe!
Hier, je lui ai demandé :
-Quand on va être mariés, vas-tu encore m’appeler ta blonde, ou tu vas m’appeler ta femme?
-Ma femme, voyons!
-Tu m’appelleras plus ta blonde?
-Pourquoi je t’appellerais comme ça? De toute façon, je t’appelle déjà ma femme, quand je parle de toi.
Ah oui?
J’imagine que c’est culturel. Moi, je pense que ça va me faire très drôle dans la bouche,  dire « mon mari ». Ça ne semble pas un mot de ma génération. Même ma mère, à partir des années 90, a recommencé à appeler mon père son chum. Ça faisait plus jeune! En tous cas…
J’ai hâte de dire mon mari. J’ai hâte d’être sa femme…
C’est fou, mais en préparant notre mariage, on dirait que notre amour a encore grandi.

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