Le mercredi 13 juillet 2011, au chalet
Hier soir, il pleuvait et nous avons dû reporter le projet de manger des guimauves autour du feu. Nous en avons donc profité pour regarder la vidéo de la cérémonie. On a dû se masser autour du minuscule écran de la caméra, étant donné que le fil pour connecter à l’ordinateur était défectueux.
-Je veux voir!
-Pousse-toi!
-Aïe!
C’était bien difficile de contenir les enfants. Ils ont cependant vite perdu l’intérêt, vu que le film était pour tout dire des plus ennuyeux. La caméra était trop loin, le zoom pour le son n’avait servi à rien, le vent soufflant plus fort que tout le reste. On a l’a donc fait jouer en fast-forward. On regardait les images défiler à toute vitesse, situant chaque partie de la cérémonie à voix haute.
-Ha! V’là la mariée!
-Un p’tit kleenex.
-Le poème.
-Les alliances.
-Embrassez-vous…
-Blabla…
-Là, fiston, t’es parti chercher la guitare!
-On chante.
-Ah! C’était atroce. J’suis juste contente qu’on n’entende pas le son!
Tout le monde s’esclaffe en repensant à ma prestation-fiasco.
-La cérémonie du sable. Ça, c'était vraiment beau!
-La cérémonie du sable. Ça, c'était vraiment beau!
-La prière.
-C’est fini! Tout le monde s’embrasse.
-Champagne!
Tous se rapprochent alors de la caméra. Ce qu’on voulait voir, c’était l’accident. J’avais franchement l’impression que ça s’était passé à peine dix minutes après la fin de la cérémonie, mais il a fallu attendre un peu plus longtemps. On a fait défiler le film en accéléré, jusqu’à ce que je me retrouve enfin à parler avec ma collègue. On a alors attendu l’arrivée de ma nièce de neuf ans dans la scène.
Et là, on a vu l’évènement se produire : un parasol géant qui quitte la terrasse du haut, où il faisait de l’ombre à la caméra, et vole et faisant des tours sur lui-même, tout droit vers la mariée, au milieu de la foule, dans le parterre.
-Aaaaaaaaaaaaaaaah!
On était sous le choc en voyant la scène merveilleusement filmée. On avait cru que le parasol était arrivé de la terrasse d’en bas. Personne, sauf apparemment le maitre d’hôtel, qu’on entend sur le film, n’avait réalisé que l’objet volant était parti du deuxième étage. Un énorme parasol, avec un mat de bois de plusieurs pouces d’épais, et un pommeau qui aurait pu tuer ma collègue, à qui je parlais, lorsqu’il l’a frappée de plein fouet à la tête. La boule aurait pu l’atteindre à la nuque et la paralyser. Il aurait aussi pu tuer ma nièce qu’il a ratée de peu et qui a plutôt été frappée par le mat. Ça aurait aussi pu se passer quelques minutes plus tôt et atteindre la mariée en pleine face, au cours de la cérémonie. À la place de ça, c’est ma collègue qui avait pris le coup pour moi.
-Le maitre d’hôtel avait raison, c’est moi qui l’ai ouvert, ce parasol.
Mon époux venait de réaliser ce qui s’était passé.
-Il m’a dit qu’il t’avait dit que ce n’était pas sécuritaire.
-Je ne l’ai pas entendu.
Le maitre d’hôtel ne pouvait pas savoir que mon amoureux est sourd d’une oreille.
-Il aurait quand même dû le sécuriser, s’il avait des doutes…
On a rejoué la scène incroyable plusieurs fois, nous fermant presque les yeux pour ne pas voir le coup, à chaque reprise. À la fin, j’avais la nausée. On a passé une fin de soirée morose, malgré toute notre bonne volonté.
-T’as vu comment j’ai réagi? Complètement immobile dans ma robe de mariée, pendant des minutes. J’avais pourtant l’impression d’avoir essayé de l’aider…
-On devrait le mettre sur Youtube. Flying umbrella hitting crowd at wedding. Installed by the groom - almost hit bride! No one seriously injured.
Rires jaunes.
-On devrait plutôt appeler les blessées, pour voir comment elles vont…
On leur a parlé aujourd’hui. Elles vont bien, apparemment. Malheureusement, on a aussi appris que papy s’est réellement blessé à la cheville, lors de sa chute dans le dangereux petit bassin d’eau, toujours à la noce.
Quelle noce!
On n’en demandait pas tant…
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