mardi 31 mai 2011

Jour 39 : Faire des projets d’avenir

-Chéri, est-ce que tu savais comme certains humoristes font de l’argent au Québec?
-Ah oui?
-J’ai entendu une entrevue à la radio ce matin. Martin Matte, il aurait fait  6 millions l’an passé. Et il y en aurait plusieurs autres comme lui.
-Wow! J’suis bien content pour lui.
Futur époux semblait peu intéressé par mes révélations. Ce n’est pas chose hors du commun, alors j’ai poursuivi quand même :
-Tu sais, chéri, quand j’ai entendu ça, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de jeune mère humoriste. Il y a bien des blogueuses connues, comme Mère Indigne et d’autres, mais des humoristes, aucune à ce que je sache. Il y a là un marché non-exploité. Une opportunité incroyable.
-Ha bon.
-C’est sûr que ça se comprend, être mère et humoriste, ça ne fonctionne pas trop au niveau des horaires. Si t’as remarqué, la plupart sont des jeunes gars sans enfant.
J’ai pris une profonde inspiration avant d’ajouter :
-T’occuperais-tu des enfants, toi, si je devenais humoriste?
Il m’a regardée, découragé.
-Non Dulcinée. Pourquoi tu voudrais que je m’occupe des enfants?
-Ben pour partir en tournée. Si je faisais 200 soirs par année aux quatre coins de la province, je ne pourrais pas être ici à m’occuper des filles en même temps. Imagine, 6 millions par année! Tu t’occuperais pas des enfants pour 6 millions?
-Non, parce que moi aussi je vais être en tournée à faire des millions avec mon groupe de musique!
Maudit. C’est donc dur de faire des projets d’avenir avec un artiste! Pour une fois que je viens de trouver un créneau lucratif!
J’ai quand même fini par conclure :
-On engagera une nanny. Comme Céline Dion!
Futur époux a haussé les épaules… Et je suis allée étendre mon linge en pensant à mon tout premier monologue…

samedi 28 mai 2011

Jour 42 : Une idée pour ma nuit de noces

La veille du mariage. Les enfants dorment chez les grands-parents et nous sommes seuls à la maison.  
J’ose faire fi des traditions.
Je mets ma robe, juste pour lui.
Le lendemain, au son de la cornemuse, je descends l’allée devant tous nos proches.
Quand il me voit dans ma robe blanche, il nous revoit la veille...
Et c’est dans cet esprit qu’on se dit oui.

Un beau début, non?

jeudi 26 mai 2011

Jour 44: Dulcinée internationale!

Hé bien moi qui croyais que je n’étais lue que par quelques amies en mal de comédies romantiques, je viens de réaliser que j’ai eu sur mon blogue des visites de l’Allemagne, des États-Unis, de la France, de Singapour, de la Belgique et de la Côte d’Ivoire!
Wow!
Gens de la planète, bienvenue dans mon petit monde!
Ça fait plaisir de vous savoir là!

mercredi 25 mai 2011

Jour 45 : La vie continue

Imaginez votre Dulcinée toujours si souriante, si positive, assise au volant de sa voiture, en larmes, parcourant les 36 km qui séparent son lieu de travail de sa résidence.
La journée avait pourtant tout pour être heureuse. Le 24 mai était encerclé depuis longtemps sur mon calendrier : fête de fin d’année. J’allais revoir tout le monde, deux semaines après mon départ. Il faut dire que j’ai été « coupée » la première cette année encore, puisque je suis celle qui possède le moins d’ancienneté. On se fait à cette précarité au niveau de l’emploi. Je vous l’ai dit, j’ai pas mal roulé ma bosse. J’aurais pu rester à Vancouver ou à Montréal, où j’avais dans les deux cas réussi à obtenir un emploi permanent. À moins d’une faute grave, mon chemin était pavé de roc jusqu’à ma retraite. Au lieu de ça, je suis venue ici, en Beauce, où rien ne m’attendait. Vous croyez que je suivais mon conjoint? Non! Lui non plus n’avait rien devant lui. C’était il y a 5 ans. On rêvait d’une vie meilleure qu’en ville pour élever notre petite famille.
Ce changement de cap allait me permettre de vivre des expériences de travail extraordinaires et qui ne me seraient probablement jamais arrivées autrement. Bref, je n’ai jamais regretté mes choix. Pas même ce 24 mai, même si je suis déçue. Déçue de devoir encore ramasser mes affaires et trouver un autre emploi. Mon patron si gentil semblait mal à l’aise de m’annoncer la nouvelle. Vous savez, madame Dulcinée, j’aurais bien voulu vous garder, mais avec les récentes compressions budgétaires, il a fallu faire des prévisions conservatrices au niveau du personnel pour l’an prochain. Je comprends. Je comprends. Je l’ai remercié et lui ai dit à quel point j’avais été chanceuse de faire partie de leur équipe au cours des deux dernières années. J’étais sincère. Je n’ai pas connu beaucoup d’emplois que j’ai autant aimés que celui-là. Il est toujours préférable de démontrer de la maturité dans ce genre de circonstance, alors je suis restée positive jusqu’à la fin de l’entretien, même si mon cœur était en miettes.
Je sais bien qu’il y aura autre chose pour moi. Je n’ai jamais été très inquiète pour ça. Mais Un de perdu, dix de retrouvés, ça n’a jamais consolé personne…
Puisqu’il faut bien continuer à avancer, continuer à préparer mon heureux mariage et à écrire ce blogue positif, continuer à faire valoir ma personne pour trouver un autre emploi intéressant, j’ai décidé de m’accrocher un sourire malgré tout et de ne regarder qu’en avant. Des fois, c’est ça la vie.

vendredi 20 mai 2011

Jour 50: 50 jours!!!

Déjà!
Déjà la moitié des cent jours de ce blogue de passés. Haaaaaaa! Ça veut dire que le mariage arrive vite! Ça veut aussi dire qu’il faut se grouiller pour passer au travers de la liste des choses qui restent à faire!
Au cours de la dernière semaine, on a quand même beaucoup avancé dans les préparatifs. On a finalement géré l’habit du marié, qui était pour moi un certain sujet d’inquiétude… Je vous le confirme, futur époux sera aussi beau que sa Dulcinée, des souliers jusqu’aux boutons de manchettes! On a aussi travaillé sur le répertoire des prestations musicales et approché nos chanteuses-invitées, qui ont accepté de participer. J’ai fait rapetisser la bague de ma grand-mère, qui doit maintenant être agrandie, car le bijoutier a apparemment mal pris la mesure (un vrai cauchemar!) J’ai eu mon premier rendez-vous chez le dentiste (en vue d’un blanchiment pour aller avec la robe… à l’insu de futur époux qui trouvera surement que c’est une dépense des plus inutiles… s’il s’en aperçoit!) J’ai magasiné les souliers des filles, été chercher les miens, planifié avec ma sœur mon enterrement de vie de jeune fille, échangé mes boucles d’oreilles pour une paire qui ressemble à celles de la princesse. J’ai pris rendez-vous avec notre célébrante pour la semaine prochaine. Il faudra donc réviser toute la cérémonie dans les prochains jours. Enfin, on a recalculé le budget qui nous confirme que ce mariage est une folie complète!
Tout ça en plus de ma semaine d’ouvrage, de la soirée de fin d’année à la pré-maternelle de ma fille, de la célébration de mon anniversaire et de toutes les autres obligations que la vie de mère comporte! Super-Dulcinée, c’est moi!
Comme dirait l’une de mes collègues, il ne me reste à peu près plus qu’à régler « le magasinage de la bobette ». Et celui du bouquet! À part ça, tout est sous contrôle!

jeudi 19 mai 2011

Jour 51: Un soir de fête

C’était le soir de mes 31 ans. Mon amoureux et moi nous fréquentions depuis quelques mois. Il vivait à Lévis et moi à Montréal. Il m’avait téléphonée pour me souhaiter bonne fête, regrettant de ne pouvoir être à mes côtés. On était un soir de semaine et on avait convenu de se voir le samedi suivant. J’étais donc sortie avec mes amies au bar de mon quartier où on avait eu bien du plaisir. À 1 h 30 du matin, en ouvrant la porte de mon appartement, j’avais découvert sur le sol un chemin de chandelles, parsemé de pétales de roses. Le tout menait à ma chambre, où mon bel homme m’attendait sous les couvertures.
On a fait l’amour jusqu’à 4 heures du matin (c'est beau les débuts de relation, hein?), puis il est reparti faire un autre 3 heures de route, car il devait se rendre au travail.
Aujourd’hui, pour mes 38 ans, mon amoureux m’a servi une coupe de champagne au réveil, avec mon petit déjeuner préféré.
Je vous passe le reste des détails… Je pense que je fais bien de le marier!

lundi 16 mai 2011

Jour 54: Au bord de l’écœurement

En fin de semaine, j’ai bien cru que j’allais y laisser ma peau! En plein samedi pluvieux, je suis allée magasiner les chaussures de mes filles pour le mariage. À Place Laurier! J’ai bien essayé de trouver chaussure à leur pied ici en Beauce, mais j’ai vite fait le tour des quelques points de vente et je n’ai rien de rien vu qui convienne. 
Contrairement aux robes, l’essayage de souliers blancs inconfortables et qui ne seront probablement portés que quelques heures n’a rien d’enthousiasmant.  Mes filles ont eu beau tout essayer, des sandales, des ballerines, des chères et des bon marché, aucune chaussure ne faisait : trop étroite pour l’une, trop longue pour l’autre. On aurait dit les sœurs de Cendrillon!
Après avoir fait le tour des magasins pendant deux heures, miraculeusement toujours en vie avec mes petites sorcières de deux ans et quatre ans qui ne pensent qu’à avoir du plaisir (essayer 10 paires de sandales et marcher droit en tenant la main de maman : pas leur fort!), je vois des petites chaussures de bouquetière sur la tablette d’un kiosque au milieu de l’allée, en face de chez La Senza. L’endroit est vraiment passant, et la plus jeune ne pense qu’à se dégourdir les jambes en courant lorsque je la détache de la poussette pour essayer les chaussures. Il faut que j’avoue que cinq minutes avant, j’ai acheté à chacune des bonbons dans les machines à 25 cents, tentant d’acheter la paix quelques minutes. Elles ont leur petit casseau de bonbons et ont bien envie de s’amuser. La plus jeune, qui n’a pas encore beaucoup d’équilibre, fait voler des Skittles sur le parquet ciré. Les gens passent vite, les bonbons s’éparpillent. La petite a envie de faire une crise. Les gens la trouvent mignonne et tout le monde s’arrête pour la regarder. J’ai chaud! La grande, elle, ne veut pas enlever les souliers de bouquetière trop grands pour elle. Elle trippe car ils sont à talons hauts.
-Je les veux, des talons hauts comme ma grande sœur!
Je prends une grande respiration.
-Envie pipi!
La petite me regarde d’un air implorant, ça presse! On n’a plus le temps de niaiser et on repart, non sans avoir commandé les souliers à la bonne taille pour ma grande fille, qu’ils vont faire venir d’un autre centre d’achats le lendemain matin.
Il va donc falloir revenir…
Le lendemain, non seulement on achète les souliers de bouquetière, mais on finit aussi par trouver les sandales parfaites pour la petite.
Ouf!
C’est le temps que ça finisse!

vendredi 13 mai 2011

Jour 57 : 500 personnes!

Tout récemment, j’ai eu l’occasion d’échanger au sujet du mariage avec deux femmes de ma connaissance. J’ai réalisé à quel point on s’en tirait bien, futur époux et moi.
-Chanceuse!
Ça a été la réaction de la première quand je lui ai dit que je me mariais bientôt. Ses yeux pétillaient d’envie, elle voulait connaitre les détails. Je me suis risquée à lui demander :
-Ton chum ne veut pas se marier?
Ça me semblait l’explication la plus plausible.
-Oui, oui, il veut. Le problème, c’est que si on se marie, il faudra inviter toute la famille des deux côtés, je peux déjà imaginer l’ampleur que ça prendrait. On serait des centaines. Et ce qui me dérange le plus, c’est que tout le village va se pointer à l’église, pour venir voir ça. On a grandi ici et tout le monde nous connait. Il y aura des curieux, et ça ne se gênera pas pour dire : « Sa robe est pas si belle que ça! » 
Je riais, incrédule. Elle a rajouté, soupirant de dépit :
-On rêve de partir se marier dans le sud, avec juste la famille immédiate : nos enfants, nos parents, nos frères et sœurs… Un jour!
Hier, alors que je pensais déjà aborder la question sur mon blogue, me trouvant si chanceuse de ne pas vivre avec ce genre de pression (en me disant tout de même qu’il faut aussi savoir se tenir debout), je parle de mon mariage prochain avec une autre femme. Elle me demande :
-Vous serez combien?
-Une trentaine.
-Pis après, vous invitez plein d’autre monde pour une grosse soirée?
-Non. On va faire une grosse soirée avec ce monde-là...
Elle enchaine, avec une certaine fierté :
-À mon mariage, on était 210 au souper, et plus de 500 à la soirée. Quand mon père a voulu commencer à inviter ses amis, je lui ai dit que c’était correct s’il payait la noce…
Je ne l’écoutais plus. Cinq-cents personnes…
Depuis, ce chiffre m’est resté dans la tête. Qui est-ce qu’on inviterait pour que ça totalise 500??? J’ai beau penser à tous les gens que je connais, je n’atteins pas le chiffre magique. Pierre qui roule n’amasse pas mousse, il faut croire. Mon amoureux vit à 14 000 km de son pays d’origine. Sa famille la plus proche est à plus de 5000 km. De mon côté, même si ma famille n’est pas loin, j’ai pas mal roulé ma bosse. J’ai vécu à Québec, en Europe, à Vancouver, à Montréal, avant de me retrouver ici, en Beauce, il y a cinq ans. Nos racines commencent juste à prendre, mon chum pis moi. Comme chaque fois, il a fallu reprendre le temps de se faire des amis. On se sent donc choyés par la vie d'avoir des gens précieux dans notre entourage, qu’on fréquente avec un réel plaisir. Choyés aussi d’avoir conservé, malgré le tourbillon de la vie, des amis à distance qu’on retrouve toujours comme si c’était hier.
Des vrais amis et ma famille proche, que mon amoureux a adoptée comme la sienne. Ces gens seront présents le 9 juillet prochain. Ça sera une célébration de l’amour… et un gros party!

jeudi 5 mai 2011

Jour 65: La cérémonie du sable

Il y a de cela quelques mois, on a rencontré la femme qui allait devenir notre célébrante de mariage. Nous avions d’abord pensé faire ça à l’église, mais on a un peu reculé, futur époux étant divorcé et anglican de surcroit (non pratiquant, mais avec une certaine réserve à se convertir au catholicisme). Comme beaucoup de gens, nous avions aussi pensé demander à un proche pour célébrer notre mariage civil. Mais quand on a vu l’implication que cela demandait (comme gérer un gros paquet de paperasse), nous n’avons pas été longs à convaincre de faire appel à une professionnelle.
En plus de s’occuper de faire toutes les démarches à l’état civil, madame Lucille nous propose un plan de cérémonie à la carte, nous laissant libres de modifier ou d’adapter le contenu à notre convenance. Parmi ses suggestions, nous sommes tombés sous le charme de la cérémonie du sable. L’idée est de mélanger deux sables de deux couleurs différentes, pour montrer qu’on ne peut plus les séparer ensuite, même si on voit encore la couleur de chacun. Ça représente notre amour!
On aurait dit que c’était pensé pour nous : il y a deux ans, mon amoureux était allé voir sa famille à l’autre bout du monde et m’avait ramené un petit sac de sable pour ajouter à ma collection. J’étais vraiment triste de ne pas partir avec lui, mais je trouvais le voyage trop long pour des enfants en bas âge et je ne pouvais quitter ma plus jeune que j’allaitais encore. J’ai gardé le sable précieusement, en espérant voir moi-même un jour pas trop lointain les plages de son pays. Ses plages et ses gens, particulièrement ma belle-famille que je connais si peu.
On a donc décidé de prendre ce sable précieux pour la cérémonie. Il ne restait plus qu’à se rendre dans Charlevoix, sur la plage au bord du fleuve où j’ai passé tous les étés de mon enfance. C’était encore l’hiver là-bas et on a ramené du sable mouillé qu’on a fait sécher sur une planche dans le sous-sol de notre maison. On a ensuite déniché les beaux vases qu’on cherchait pour la cérémonie.
L’autre jour, alors que je n’y pensais plus, mon amoureux remonte fièrement du sous-sol avec un contenant en plastique :
-C’est ton sable!
J’étais bien contente qu’il s’en soit occupé! Le soir venu, les filles me demandent :
-Maman, on veut toucher au sable!
J’ouvre le contenant et laisse mes filles jouer avec leurs doigts dans le sable fin. Rêveuse, je leur dis :
-Ça c’est le sable de mon enfance… Ben, sauf qu’il n’était pas aussi doux …
J’en ai presque eu le souffle coupé! Mon chum avait passé mon sable au tamis! Ce sable qui me représente, il l’avait passé au tamis pour qu’il soit digne de le mélanger au sien! Belle symbolique! Ainsi, pour me marier, il devait d’abord me débarrasser de mes défauts?
« Qu’as-tu fait de mes cailloux? » C’était la grosse question qui l’attendait en rentrant du travail ce soir-là! L’heure était grave! Tout aussi superstitieux que moi, il était bien heureux d’aller me chercher mon bol de cailloux, que, par chance, il n’avait pas jetés! (Sinon, on aurait été obligés de retourner dans Charlevoix avant l’été, ce qui n’aurait quand même pas été dramatique.)
Il s’excusait presque :
-J’avais peur que ça ne passe pas dans l’ouverture du vase pour la cérémonie.
-C’est correct. Si ça ne te dérange pas, je vais remélanger tout ça et enlever mes gros cailloux moi-même! À la main. Et je n’enlèverai surtout pas les petits. Je sais bien que ton sable à toi est parfait…
Il m’a embrassée pour me faire taire. Une fois de plus, on l’avait échappé belle!