Imaginez votre Dulcinée toujours si souriante, si positive, assise au volant de sa voiture, en larmes, parcourant les 36 km qui séparent son lieu de travail de sa résidence.
La journée avait pourtant tout pour être heureuse. Le 24 mai était encerclé depuis longtemps sur mon calendrier : fête de fin d’année. J’allais revoir tout le monde, deux semaines après mon départ. Il faut dire que j’ai été « coupée » la première cette année encore, puisque je suis celle qui possède le moins d’ancienneté. On se fait à cette précarité au niveau de l’emploi. Je vous l’ai dit, j’ai pas mal roulé ma bosse. J’aurais pu rester à Vancouver ou à Montréal, où j’avais dans les deux cas réussi à obtenir un emploi permanent. À moins d’une faute grave, mon chemin était pavé de roc jusqu’à ma retraite. Au lieu de ça, je suis venue ici, en Beauce, où rien ne m’attendait. Vous croyez que je suivais mon conjoint? Non! Lui non plus n’avait rien devant lui. C’était il y a 5 ans. On rêvait d’une vie meilleure qu’en ville pour élever notre petite famille.
Ce changement de cap allait me permettre de vivre des expériences de travail extraordinaires et qui ne me seraient probablement jamais arrivées autrement. Bref, je n’ai jamais regretté mes choix. Pas même ce 24 mai, même si je suis déçue. Déçue de devoir encore ramasser mes affaires et trouver un autre emploi. Mon patron si gentil semblait mal à l’aise de m’annoncer la nouvelle. Vous savez, madame Dulcinée, j’aurais bien voulu vous garder, mais avec les récentes compressions budgétaires, il a fallu faire des prévisions conservatrices au niveau du personnel pour l’an prochain. Je comprends. Je comprends. Je l’ai remercié et lui ai dit à quel point j’avais été chanceuse de faire partie de leur équipe au cours des deux dernières années. J’étais sincère. Je n’ai pas connu beaucoup d’emplois que j’ai autant aimés que celui-là. Il est toujours préférable de démontrer de la maturité dans ce genre de circonstance, alors je suis restée positive jusqu’à la fin de l’entretien, même si mon cœur était en miettes.
Je sais bien qu’il y aura autre chose pour moi. Je n’ai jamais été très inquiète pour ça. Mais Un de perdu, dix de retrouvés, ça n’a jamais consolé personne…
Puisqu’il faut bien continuer à avancer, continuer à préparer mon heureux mariage et à écrire ce blogue positif, continuer à faire valoir ma personne pour trouver un autre emploi intéressant, j’ai décidé de m’accrocher un sourire malgré tout et de ne regarder qu’en avant. Des fois, c’est ça la vie.
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