samedi 30 avril 2011

Jour 70 : La hauteur des attentes

Au début, nous avions l’idée de faire ça tout simple. En fait, mon chum aurait aimé se marier chez nous: apportez votre vin, on vous sert du traiteur. On veille jusqu’aux petites heures, on joue de la musique et bienvenue aux campeurs! Le concept me plaisait, mais avec 4 enfants, vraiment, j’aimais mieux que ça soit ailleurs. Je me voyais ramasser des traineries et  faire du ménage le matin de mes noces... C'était hors de question! On a donc magasiné des endroits en gardant la formule simple en tête. Je suis finalement tombée en amour avec le site d’une petite auberge de la Beauce, site enchanteur qui me rappelle la première année qu’on a passée dans la région. Jusque-là, on avait presque l’impression qu’on pourrait garder ça pas compliqué.
C’était avant quoi? Je ne sais pas trop, franchement. Je pense que petit à petit, on réalise qu’il y a certaines attentes. As-tu choisi ton bouquet? Aurez-vous un photographe? Des musiciens qui vous joueront un air de violon après la cérémonie? Ben non, ben non, ben non. On va prendre des fleurs dans le champ d’en face. Ma chum de fille va prendre les photos. On va se jouer de la musique nous-même. Vous allez voir, ça va être beau!
Je pourrais vous dire que je cède à la pression. Mais je pense qu’en cours de route, j’ai commencé à rêver moi-même du mariage « parfait ». Lorsque j’ai visité l’auberge où on fera la noce et que je me suis imaginée faire mon « entrée ». Lorsque je me suis vue dans ma robe blanche. Lorsqu’on a envoyé nos invitations.  Lorsqu’on a commencé à préparer la cérémonie, la soirée, la musique. Lorsque j’ai commencé à réaliser que ça m’arriverait, à moi qui avais fait mon deuil là-dessus il y a longtemps. Et encore un petit peu plus hier, lorsque j’ai vu le mariage du prince et de la princesse!
Je dois me confier : c’est stressant! Même si on se dit que tout va bien aller, on sent la pression. Et puis on n’est pas les seuls à la sentir. L’amie photographe hésite avant d’accepter cette responsabilité. Les amis musiciens doutent de leur talent quand on leur demande d’apporter leur instrument pour la soirée. Tout le monde a peur de ne pas être à la hauteur. Et moi je suis encore plus stressée, parce que si les gens n’embarquent pas, ça va être un flop!
 « Le mariage est pire que ça », m’a souvent dit mon père lorsque j’avais de petits tracas. Je pense bien que je commence à comprendre!
Je vous laisse, j’ai rendez-vous chez la fleuriste…

vendredi 29 avril 2011

Jour 71 : Le mariage de la princesse

Ha, ce qu’elle était belle!
Ce matin, je me suis levée un peu plus tôt pour voir la princesse entrer dans l’église. Je peux vous dire qu’il va y avoir des robes aux manches de dentelle dans les boutiques de mariage à compter de l’an prochain et pour les 10 prochaines années!
Quand je suis arrivée au travail, tout le monde avait hâte d’échanger quelques commentaires avec moi sur le sujet. Je pense qu’il ne fallait pas posséder de télé pour avoir manqué ça!
Kate a fait l’unanimité!
Je suis persuadée que c’est un bon présage de se marier la même année que le couple le plus en vogue de la planète.
Nous, on est les mariés les plus en vogue de la Beauce! Chacun son destin!

samedi 23 avril 2011

Jour 77: Vive les mariés!

À ma collègue qui s'est mariée aujourd'hui, je souhaite beaucoup de bonheur et une longue vie à deux. Je suis certaine qu'en rayon de soleil qu'elle est, elle a à peine remarqué la pluie!

Et vive les nouveaux mariés!

mercredi 20 avril 2011

Jour 80 : Pendant que…

Depuis le début, j’avais en tête de faire chanter une amie au cours de la cérémonie. Lui faire chanter l’une de mes chansons d’amour préférées, certainement celle qui m’inspire le plus en ce moment : Pendant que, de Gilles Vigneault. Je vous en fais un petit bout :
Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans le secret des bois
Deviennent des rivières
Moi, moi, je t’aime
Moi, moi, je t’aime

Par la suite, j’ai eu une meilleure idée. Au fond, ce que je voulais, c’est chanter moi-même « Moi, moi, je t’aime » à mon chum. Mais hors de question de chanter ça devant tout le monde! Comme dirait ma plus jeune: No way! Bref, j’ai décidé d’imprimer les paroles et qu’on chanterait tous en chœur. Moi, à mon chum et mes filles. Mes filles à tue-tête. Les invités, à ceux qu’ils aiment, à nous. Un beau moment, dont j’imagine qu’on parlera longtemps.
Depuis lors, j’ai appris les paroles par cœur et je me pratique avec mes petites à cœur de jour. La plus jeune chante comme un baryton, elle est vraiment drôle! On s’amuse bien en « préparant le mariage ».
Cet après-midi, j’ai pratiqué avec mon amoureux. Lui à la guitare et moi en paroles, on a vécu un moment magique. J'ai réussi à chanter assez juste pour vouloir oser faire cette chanson, juste nous deux, devant nos proches. C'est pour moi tout un émoi, car je n'ai jamais rechanté en public depuis ma troisième année, quand ma prof m'avait demandé de faire du lip-sync dans la chorale, car je faisais fausser toute la classe!

Je me donne ce défi, mais on va quand même donner les petits cartons avec les paroles aux invités. Si jamais je suis trop émue et que ma voix déraille, j’aurai besoin de tout le monde pour m’aider!!!

jeudi 14 avril 2011

Jour 87 : Rien à voir avec le mariage!

Depuis 4 ans, nous vivons en Beauce dans un bungalow construit il y a 35 ans sur une ancienne érablière. Chaque printemps, nous nous sentons à la fois coupables et émerveillés de voir que tous nos voisins, sans exception, entaillent leurs érables au printemps. Tous, sauf nous. Nous avons l’excuse de n’y rien connaitre et de n’avoir pas le temps, mais quand même, on rêve chaque fois qu’un jour, peut-être, on fera comme eux.
Tout ça, c’était avant ce printemps. Avant que monsieur L., notre troisième voisin, vienne nous demander s’il pouvait entailler nos érables.
Depuis ce jour, nous avons réalisé que cette saison aura désormais une saveur sucrée! Tout d’abord, en mars, monsieur L. et son fils viennent entailler la vingtaine d’érables qui se trouvent sur notre terrain. On a le bonheur, chaque matin, de voir les petites chaudières d’une époque révolue accrochées à nos arbres. C’est vraiment charmant ! Puis, lorsque le temps s’adoucit, on voit le père et le fils faire la tournée en raquettes, collectant à la main l’eau d’érable du jour. Il faut dire que le fils a la belle trentaine, célibataire, le genre Ovila des temps modernes ! (On a beau se marier, quand on aime les hommes…) L’après-midi, mon bel homme à moi part à grandes enjambées dans la neige nous chercher juste assez d’eau d’érable pour faire deux tasses de thé.
Les beaux soirs de fin de semaine, on est invités à la cabane. On s’entasse dans la pièce exigüe, à côté des cuves à sirop, avec quelques autres voisins. On jase de tout et de rien avec un p’tit verre de gin à l’eau d’érable chaude. On s’y sent bien, malgré que nous soyons toujours pour eux les nouveaux voisins, on pourrait même dire « des étrangers », vu qui mon chum vient effectivement du bout du monde. On apprécie seulement d’être au chaud, dans la vapeur d’érable qui embaume l’air, en compagnie des gens qui composent l’entourage où mes filles vont grandir. Certains ont de jeunes enfants qui vont bientôt devenir les amis d’enfance de nos filles. C’est rassurant de se savoir là. Quand les petites sont trop fatiguées, on part à regret en emportant un petit verre de sirop pour boire à la maison…
Comble de bonheur, j’ai finalement réalisé que c’est monsieur L. qui entaille tous les arbres du voisinage. Exit la culpabilité. Quand on est une mère qui travaille, c’est le genre de sentiment qui fait du bien!
Et vive le temps des sucres!

mercredi 13 avril 2011

Jour 88: Conflit d’horaire

Malheureusement beaucoup trop tard, je viens de réaliser qu’il faut vérifier le calendrier des gros festivals si on se marie en plein été. Si on habite dans la région de Québec, mieux vaut éviter de se marier un samedi en plein milieu du Festival d’été.
Je viens d’avoir un appel du meilleur ami de mon futur époux :
-Ton chum est-y là?
-Non, il travaille.
-Je voulais l’inviter à un show de musique, mais comme je te parle, hostie… je viens de voir la date... Elton John…
-Le 9 juillet?
Maudit.
Le concept de notre mariage, c’est que tous nos amis qui sont musiciens (ils sont plusieurs) apportent leur instrument. On jamme et on a du plaisir ensemble, tout simplement.
Voilà qu’on prive nos invités d’aller voir Elton John.
Je suis dépitée! 

lundi 11 avril 2011

Jour 90 : Plaisir partagé

Au fur et à mesure que le mariage approche, je constate l’entrain que suscite cet évènement, dès que j’en parle. Surtout en présence de femmes. Chaque fois, c’est le même enthousiasme! À l’annonce de mon mariage, je vois souvent la même réaction: le visage qui s’illumine et les questions qui se succèdent. Tout ça pour dire que vendredi dernier, au travail, on était en réunion et que j’ai passé la journée avec pas mal d’autres collègues que je ne vois pas très souvent, mais avec qui j’ai toujours bien du plaisir. Parmi le groupe, une autre future mariée, une collègue que j’apprécie beaucoup et avec qui j’ai maintenant un gros point de plus en commun. Sa date à elle : le 23 avril. Wow! Elle était allée la veille à sa pratique de coiffure, si bien qu’elle avait l’air parée pour les noces! Dans notre groupe majoritairement féminin, le sujet du mariage est donc revenu souvent au cours de la journée. La fébrilité à l’approche du grand jour, la robe et autres parures, la nuit de noces (trop crevés pour « faire » quoi que ce soit, il semble que ça soit la norme – je reviendrai là-dessus dans un autre billet!), la demande en mariage, les anecdotes de celles qui sont passées par là, et qui de toute évidence revivent de bons souvenirs dès qu’elles en parlent…
Il me vient l’expression anglaise to bond. Au dictionnaire en ligne, on peut lire la définition: To form a close personal relationship. Le nom commun associé, bond, est défini ainsi : a uniting force or tie; a link. C’est vraiment ça que favorise cette expérience qu’est la préparation d’un mariage. Pas juste dans notre couple, dans le reste de notre vie aussi. J’aime ça!

dimanche 3 avril 2011

Jour 98: Les rituels perdus

En ce beau samedi matin, il faisait un soleil radieux! La « sortie en famille nombreuse » à la boutique de mariée a donc eu lieu. Mon homme avait raison, ça a été une occasion unique de se retrouver, entre femmes, et de vivre ensemble un moment hors du temps.
Dans la boutique, il n’y avait que nous quatre avec les deux vendeuses, ce qui fait que l’ambiance était des plus relax, malgré ma fébrilité à l’arrivée. J’ai enfilé ma robe pour le plaisir de toutes. (Mon plaisir à moi était immense!) On a analysé et commenté chaque accessoire, jusqu’à ce qu’on ait l’unanimité. Le résultat me ressemble. J’ai choisi un collier en strass au cou, un bracelet porté dans le haut de l’avant-bras (top fashion in New York!), une fleur à la taille et des chaussures flip-flops en méga-strass que j’avais déjà choisies et qui ont fait craquer ma sœur autant que moi. Concernant la robe, le strapless a eu la cote. On est sorties de là dans la bonne humeur! (Et moi plus légère!)
On a prolongé la rencontre au resto, où on a pu entendre les souvenirs du mariage de chacune.
D’abord ceux de ma grand-mère, durant la présence de curés américains qui parlaient juste anglais dans son village de Charlevoix. « La plus belle femme qu’ils aient jamais mariée », a-t-elle dit, encore fière.  Elle portait une robe courte et grise (le gris nous a bien surpris, on a compris qu’ils l’avaient cousue dans le plus beau tissus qu’ils avaient, dans ces années d’après-guerre). Une robe très décolletée, nous a-t-elle aussi rapporté. Avec un demi-voile qui passait comme ça sur le côté (geste énergique de grand-maman).
Ensuite, les souvenirs de ma mère. Le matin de ses noces, elle a réalisé que sa magnifique robe blanche était trop grande, parce qu’elle avait trop maigri. Elle a passé la journée à faire attention en marchant, parce que la robe trainait à terre. (Je vais essayer de ne pas avoir le même problème!!!)
Enfin ceux de ma sœur, qui s’est mariée loin de nous, en Afrique, à l’âge de 23 ans.  Aujourd’hui, elle croit qu’elle y a été envoutée, ce qui explique ce geste de « folie »! Deux-cent-cinquante  personnes étaient venues célébrer la noce à la maison du marié, pendant près de 24 heures. Elle avait dû danser avec des dizaines de femmes, la tradition voulant que celle qui arrive à bouger mieux que la mariée puisse lui voler son époux! Le tout fut plutôt humiliant pour ma sœur qui n’avait pas la danse africaine dans le sang!
Le mariage de ma mère a duré près de 30 ans. Celui de ma sœur à peine trois ans. Ma grand-mère vit aujourd’hui séparément de mon grand-père : chacun dans leur appartement, à deux portes l’un de l’autre… C’est un couple qui aura trouvé le moyen de durer.
On a refait la route en auto vers la maison dans une agréable cacophonie. On a bavardé encore un peu sur le seuil. Grand-maman m’a donné son alliance, qu’elle m’avait promise en héritage lorsque j’étais adolescente. Je serai fière de la porter, et je crois qu’elle devrait me porter chance. Peut-être que notre amour sera comme celui de mes grands-parents : plus fort que le fait qu’on a souvent de la misère à vivre ensemble!
Avant de quitter, grand-maman a taquiné mon homme en lui disant qu’elle irait magasiner son habit avec lui. On a bien rigolé et chacune y est allée de ses suggestions… Elles sont reparties en faisant des bye-bye et en envoyant des bisous aux enfants.
Moi, je suis restée avec le sourire pour le reste de la journée…

vendredi 1 avril 2011

Jour 100 : Rien ne se passe comme prévu!

Mon essayage de robe en famille (trop?) nombreuse. Ça ne sera finalement pas le titre de mon  premier billet. Il neige à plein ciel sur la Beauce et la famille restera probablement à Québec demain matin. Alors, à 100 jours du mariage, je bois une coupe de vin pendant que mon futur époux couche les enfants. Parfois, c’est ça la vie de couple!
Je vous raconte tout de même l’histoire initiale :
«Ça doit être un coup du destin qui se venge de mon achat en solo.  Retournons six semaines en arrière. C’était un beau vendredi après-midi de février où j’avais fini de travailler tôt, j’étais passée à la pharmacie acheter un collier de dentition pour ma petite. En retournant vers ma voiture, je me rends compte que je ne suis qu’à quelques pas de la boutique de robes de mariée recommandée par une collègue. Je décide donc d’aller y jeter un coup d’œil.
Première entrée à vie dans une boutique de mariée. Même si la décision du mariage a été prise en novembre, je n’ai fait que des recherches sur Internet. Mon magasinage est prévu deux semaines plus tard avec ma sœur, dans des boutiques ciblées à Québec.
Première visite, donc. Je précise à la vendeuse :
1)      Je ne veux rien essayer aujourd’hui, juste « prendre des vues » et me donner une idée des prix.
2)      Je souhaite quelque chose de simple.
3)      Pas de traîne.
4)      Surtout, pas de robe strapless, après avoir allaité deux enfants…
La vendeuse, très sympathique, ne se laisse pas décourager : « Une traine, madame, ça se coupe. Des bretelles, ça se pose. » Et vous allez bien en essayer quelques-unes…
Je choisis deux robes pas trop princesse. Elle me redirige vers une robe un peu plus princesse, que j’avais tout de même bien aimée sur le support, malgré qu’elle ne corresponde aucunement à mes critères. C’est celle-là qu’elle me tend la première, dans la cabine.
J’enlève mes grosses bottes d’hiver. Mon gros manteau et tout le reste. Je demande : « Par où j’embarque dedans? » Par le haut. Et voilà, pour la première fois de ma vie, à l’âge de 37 ans et demi, je me vois, en robe blanche.
Moment de grâce.
J’en ai essayé quelques autres, des moins belles et des aussi belles, mais le coup de foudre avait opéré à la première seconde, à la première robe. Il fallait que ça soit celle-là. Tant pis pour les critères préétablis!
C’est ainsi que j’ai acheté, toute seule, sans l’aide de ma sœur ou de ma mère, comme le veut la tradition, ma robe de mariée. Un moment unique, que je n’oublierai jamais!
J’ai passé cette soirée-là avec un air béat. Dans ma tête, le film tournait. Dans le rôle principal : moi, le jour de mes noces, dans ma belle robe blanche. (Vous allez dire : dans le rôle secondaire, le marié? hihihi! Bien sûr! Presque ex-aequo, presque!)
Bref, demain je revisite l’objet de mes rêveries. Ça devait être avec ma sœur, pour magasiner les accessoires, réessayer la robe et voir si on ne décidera pas d’y mettre une petite bretelle. Choisir les chaussures, les bijoux, tout le tralala. Et surtout, avoir l’opinion de ma sœur, voir dans ses yeux le même WOW que j’ai vu dans les miens, il y a 6 semaines.
Petit changement au programme, en plus de ma sœur, seront aussi présentes : ma grand-mère, qui s’est invitée et ma mère, que j’ai alors invitée aussi. Ça sera pas facile…
Évidemment, mon homme trouve cela super, une belle activité intergénérationnelle. Espérons qu’il ait raison. (Je ne peux résister à ajouter : sinon, promis, je lui emmène ma grand-mère à son magasinage d’habit…) »
Ça, c’était avant qu’il se mette à neiger …