mardi 19 juillet 2011

Chronologie des évènements, quatrième partie

Le samedi 9 juillet 2011
-Vive les mariés!
Embrassades, félicitations, champagne! Je fais le tour des convives avec un immense plaisir! Je suis si heureuse de tous les voir!
Mon grand-père, en me félicitant, plonge son regard dans mes yeux :
-On aimerait ça, un garçon!
Comme on dit en québécois, on a fermé la shop après la petite dernière… Ce n’est donc pas sur les nouveaux mariés qu’il faudra compter pour leur donner un arrière-petit-fils. Je lui fais signe que non et il me brise presque le cœur en rajoutant, visiblement déçu :
-Au moins, je te l’aurai demandé!
Pauvre grand-papa!
Les femmes veulent voir ma bague et commentent ma tenue. Après tant de doutes, je suis bien contente de mon look de mariée et je prends tous les compliments avec plaisir. Elles sont toutes belles et je les complimente aussi, en prenant grand plaisir à découvrir leurs robes et accessoires. Ma mère, tout particulièrement, est ravissante dans sa robe verte.
Dans mon esprit, le conte de fées ne fait que commencer. J'ai fait le tour de tout le monde, l'esprit est à la fête et je m'attarde à parler avec deux de mes amies. Le serveur arrive et leur donne leur premier verre de champagne, tout en emplissant le mien, qui est déjà à moitié. L'espace d'un instant, je vois un énorme parasol foncer sur moi, projeté par le vent. Mon interlocutrice, elle, ne voit pas venir le coup. La seconde d'après, elle est au sol, immobile. Ma nièce hurle, elle a été frappée aussi. Un silence de mort et une panique se sont répandus dans l’assistance. Le moment est surréel. Je suis mariée depuis moins de dix minutes. Ça sera donc ça, mon mariage?
Ma robe est pleine de gouttes de champagne, de la coupe de mon amie qui git au sol. Au bout d’une minute, elle donne signe de vie. La glace tarde à venir, les serveurs ont entendu la petite crier et n’ont pas réalisé qu’il y a deux victimes.
Le maitre d’hôtel s’empresse de me dire :
-C’est votre mari qui a mis ce parasol à cet endroit. Je lui avais dit que ça n’était pas sécuritaire!
Je vois bien qu’il essaie de se décharger de toute responsabilité. Franchement!
Je suis inquiète pour mes deux estropiées, mais égoïstement reconnaissante qu’elles aient pris le coup pour moi. Je suis encore fragile d’un coup reçu à la tête l’an dernier et ça aurait certainement mis fin à ma journée, si ça avait été moi. Je me sens étrangement coupable.
La fête reprend peu à peu son cours. Les blessées se disent correctes. La journée est magnifique, la bonne humeur revient tranquillement. Tout à coup, un enfant tombe dans le petit bassin d’eau qui longe la terrasse. C’est le fils de mon amie. Ouf, son père l’a vu. Mes filles aussi. Elles se tiendront loin du bassin et ça me rassure un peu!
Moins d’une heure plus tard, alors qu’on est en train de faire des photos romantiques, on entend des « oh! » et des « ah! » affolés,  et on voit qu’un groupe se masse autour du bassin d’eau. Mon cœur s’arrête. J’imagine une de mes filles au fond, inerte. De loin, je vois des amis sortir de l’eau le conjoint de ma mère. Il a perdu pied sur la dangereuse passerelle.
Ma mère pleure, bouleversée. Ils partent à leur hôtel pour qu’il puisse se changer. Ma plus jeune est très impressionnée et répète sans cesse :
-Papy, tombé l’eau!
On les attend pour débuter le souper. J’espère que personne ne va s’étouffer!

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